CHAPITRE IV
les écrits les plus modérés des Grecs, on ne trouve pas une idée qui concorde avec les théories romaines. Mais si cet accord, en quelque sorte négatif, suffit pour la guerre, il ne renferme aucun principe de stabilité. Si l’autorité absolue de Rome est repoussée, à quel régime sera soumise la hiérarchie ecclésiastique? Les Grecs faisaient, à cette question, différentes réponses.
Le passé pouV leur église, ce sont déjà les grands conciles œcuméniques qui, par des articles subrepticement introduits, ont favorisé le développement de la hiérarchie orientale et l’ont rendue indépendante de Rome. Photius a rassemblé tous ces titres dans le Nomocanon. Ce sont d’abord les Canons apostoliques que l’on peut considérer avec la légende deSaint- André comme les Fausses Décrétales de l’Eglise grecque. Le trente-quatrième canon définit les pouvoirs des patriarches. « Les évêques de chaque nation, dit-il, doivent regarder l’un d’entre eux comme le premier, le considérer comme la tête et ne rien faire sans son avis... *. » Viennent ensuite les canons du deuxième concile œcuménique tenu à Constantinople sous Théodose en 381 ; ils reconnaissent officiellement l’existence et l’autorité du patriarche de Constantinople et lui assignent la seconde place dans la hiérarchie. « L’évêque de Constantinople prendra rang dans la hiérarchie après l’évêque de Rome, car sa ville est la nouvelle Rome, 8t.ee ’zb elvoc. a'jT yjv vsav *. » Le concile de Chalcédoine
(451) va plus loin et semble mettre sur un pied d’égalité les évêques des deux Romes. « Le siège épiscopal de l’ancienne Rome a reçu des Pères la suprématie, et, avec justice, puisqu’elle est la ville impériale ; dans la même pensée, les cent cinquante évêques ont accordé au très saint trône de la nouvelle Rome des honneurs égaux, rà "<xa ïtpea-ësîa. Ils ont jugé raisonnable que la ville honorée par la présence du gouvernement impérial et du sénat eût la jouissance des mêmes