‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 22 sur 324 · Id · texte numérisé non relu

Id

3. Vie des papes, par le cardinal Boson. Duchesne, Liber Pontificalis, t. Il, p. 355.

INTRODUCTION

dain, les Occidentaux, par suite de leurs illusions, ne virent pas la portée des événements de 1054. Les uns les croyaient trop peu importants pour même les mentionner, les autres les voyaient tourner à leur avantage. 11 fallut que les siècles missent entre ces événements et leurs narrateurs la distance nécessaire pour leur faire apercevoir en perspective ce qui leur semblait jusqu’ici placé sur le même plan. Ils ne découvrirent l’importance du schisme de 1054 qu’après en avoir subi les lointaines conséquenpes.

II. — A peine, en effet, eut-on essayé de dissiper ce qui semblait aux uns et aux autres un malentendu, que les divergences, atténuées jusque là par l’indifférence ou la bonne volonté des deux partis, apparurent comme irrémédiables. On se sentit séparé dès le jour où l’on voulut se réunir. Après les tentatives de rapprochement qui eurent lieu sous Alexis Comnène, on porta sur les événements de 1054 des jugements tout autres que ceux des contemporains de Michel Cerularius.

Un siècle plus tard, on le voit par la correspondance de saint Bernard, les illusions commençaient à s’effacer. Il se plaint vivement au pape Eugène III de l’opiniâtreté des Grecs, sur lesquels on ne peut rien fonder de solide. « Ils sont avec nous et ils n’y sont pas; la foi les lie, la paix les divise et pourtant, même dans la foi, ils ont boité en s’écartant du droit chemin '. » Et du côté des Grecs, c’est un moine inconnu du xn° siècle qui parle le premier du schisme, en marge d’un manuscrit de Cedrenos 1 2. Encore la brève allusion qu’il y fait est-elle en grande partie erronée, car ce n’est pas en 1054, mais à l’avènement même de Michel Cerularius, qu’il place le schisme. « Le nouveau patriarche, Michel Cerularius,

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