‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 228 sur 324 · Photius, Encyclique, voir p · texte numérisé non relu

Photius, Encyclique, voir p

Nous avons déjà vu quelle importance les patriarches de Constantinople attachaient à ce titre et à quelles négociations ils eurent recours pour l’arracher au pape 1 . Ne pouvant obtenir l’aveu qu’ils demandaient, ils s’en passèrent et Léon IX s’en plaignit vivement dans sa lettre à Michel Cerularius. « Le germe de cette maladie funeste, dit-il, est si adhérent à vous-mêmes que maintenant encore vous ne craignez pas de vous faire appeler patriarches œcuméniques 2. » Ce titre fut offert au pape Léon par le concile de Chalcédoine, « mais ni lui, ni ses successeurs ne l’ont accepté jusqu’à ce jour et pourtant après Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui ce nom pouvait-il mieux être appliqué qu’aux successeurs de saint Pierre 3 4 ? » Si les papes refusèrent cet honneur par humilité, combien est grande l’outrecuidance du patriarche de Constantinople qui se l'arroge sans que personne le lui ait offert, alors que, bien au contraire, il lui est interdit sous peine d’anathème \ Malgré ces objurgations, Michel Cerularius ne renonça pas à cette « expression superstitieuse, superstitiosum vocabulum 5 », et l’on peut la trouver en tête de tous ses actes 6. En cela il ne fit que suivre l’exemple de ses prédécesseurs, mais il fit mieux encore : il essaya de faire de ce titre une réalité et de prouver, d’après le sens du mot œcuménique7 que chaque église était indépendante dans sa sphère.

Non seulement il refusa de se reconnaître comme sujet du pape, mais encore, en qualité d’égal, il se crut le droit d’examiner ses doctrines et de lui dénoncer fraternellement ses erreurs. C’est mû « par l’amour de Dieu et par un sentiment intime de compassion » que Léon d’Achrida commence la

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