‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 229 sur 324 · Édit synodal, Will, p · texte numérisé non relu

Édit synodal, Will, p

7. D’après Anastase, le bibliothécaire cité par Kattenbusch (Lehrbuch der Verg. Confess. K., p. 17), il y avait pour les Grecs une nuance entre œcuménique et catholique. Le mot œcuménique ne s'applique qu’à la jr\ oixoujAévfl, c’est-à-dire à l’Empire.

LA HIÉRARCHIE

lettre qui fut le signal des querelles. A la fin de ce morceau, il exhorte son correspondant, l’évêque de Trani, « s’il veut sauver son âme, à députer aux chefs des sièges épiscopaux d’Italie, afin de les engager à redresser eux-mêmes leurs erreurs 1 ». De même, au début du traité de Nicétas, sous le voile d humilité qui le cache, se trahit le ton dogmatique et menaçant du patriarche. Il agit par amour du prochain et supplie les Romains « de se montrer charitables en s’humiliant suivant le précepte du Seigneur et d’écouter ses leçons, quoiqu'il soit indigne 2 ». Dans sa lettre à Pierre d’Antioche, si Michel Cerularius lui enjoint d’effacer le nom du pape des diptyques, c’est à cause des erreurs des Latins 3. Il ne veut plus avoir aucune communication avec eux et feint de croire que tout rapport est interrompu entre Rome et Constantinople depuis le temps du pape Vigile 4 . Enfin, dans l’Édit synodal, il prend nettement position contre le pape et retourne contre lui les anathèmes dont il a été l’objet 5. Il ne prétend donc pas seulement que Rome respecte les usages de l’Église grecque; il veut lui imposer ces usages à elle-même, et il l'excommunie à cause de ses erreurs, comme s’il parlait au nom de l’Église tout entière.

De cette attitude vis-à-vis du pape résultèrent ses rapports avec l’Église grecque. A Rome, il se posait en égal, libre de critiquer les erreurs et de les rejeter; ici, il prend le ton d’un maître et ne vise à rien moins qu’à devenir le pape de tout l’Orient. Il ne se contente pas, en effet, d’agir sur les églises de son patriarcat qui lui sont, d’ailleurs, entièrement soumises et ne font pas entendre, comme au temps de Photius, une seule voix de protestation contre la rupture avec Rome. Il va plus loin encore, dépasse les limites de sa juridiction et

1. Will, p. 56 a : « 'H xoü 0eoü peyiVri àydnrr) xoeî xà yp-r.axà x% üu,aitx0EÎ3tç a-jxoü... »

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