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LES CAUSES POLITIQUES DU SCHISME 215
puissance. Il lui fut donc facile de réveiller des querelles assoupies depuis longtemps et de les transformer en machines de guerre contre le pape et contre l’empereur. Par là il se posait en défenseur de l’orthodoxie et enlevait ce titre au successeur des souverains qui en avaient fait leur apanage. Par une suprême habileté, il força Constantin IX à prendre dans cette querelle l’attitude nette que lui indiquaient ses préoccupations politiques. En se rangeant derrière le pape, l’empereur ménageait sans doute les intérêts de son pouvoir en Italie, mais il se discréditait aux yeux de ses sujets; il prenait pour lui la tâche ingrate déménager un accommodement avec Rome et abandonnait, à son patriarche, le rôle le plus brillant. Lorsque l’émeute triomphante l’eut fait passer par toutes les volontés de ses adversaires, un pouvoir nouveau s’était élevé à Byzance. Le patriarche créé par l’empereur lui échappait : Constantin IX devait passer les derniers temps de son règne à l’observer en silence, sans oser s’attaquer de front à cet ennemi formidable 1 .
Ainsi, nous pouvons conclure que les querelles religieuses pendantes entre les Orientaux et les Occidentaux ne furent qu’une matière molle dans la main puissante de Michel Cerularius. Il fit un levain de haine de ces dissentiments, très réels sans doute, mais que le temps, nous l’avons vu, commençait à assoupir. Le schisme ne fut dans sa vie qu’un épisode ; il le considéra comme un moyen de se rendre toutpuissant, et, pour devenir le maître de l’Orient, il n’hésita pas à rompre la communion avec Rome. Il acquit ainsi, à Byzance, une place prépondérante. Après avoir humilié le pape et l’empereur, il ne lui resta plus qu’à prendre leur place dans l’Eglise et dans l’Etat. Les efforts qu’il fit pour y arriver remplirent les dernières années de sa vie.