‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 237 sur 324 · LES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

LES RÉSULTATS

Le schisme ne fut, aux yeux de Michel Cerularius, qu’un moyen et non un but. La véritable raison qui l’amena à soulever toutes ces polémiques, l’engagea dans ces lentes négociations et le décida enfin à trancher toutes les difficultés par la violence, fut un besoin de pouvoir universel qui devait

embrasser aussi bien l’Eglise que l’Etat et s’appuyait sur le zèle religieux au nom duquel s’était soulevé le peuple. Vers la fin de l'année 1054, le pouvoir de Michel Cerularius devint prépondérant, sinon incontesté à Byzance. Les entreprises sur les Églises d’Orient et sur le pouvoir impérial remplirent désormais toute sa vie. Le schisme de 1054 ne fut que le prélude de cette lutte ; ce serait donc en faire une étude incomplète que de négliger les grandes entreprises que seul il a rendues possibles. La séparation avec Rome détruisit l’organisation ecclésiastique du passé et affaiblit par contre-coup le pouvoir impérial. Il est donc nécessaire de voir quel régime Michel Cerularius entendit substituer à celui qu’il avait anéanti. Il ne s’agissait pas seulement pour lui d’organiser une Église orthodoxe qui pût s’opposer victorieusement à l’Église latine; il ne rêvait rien moins que de transformer les rapports séculaires entre les patriarches et les empereurs.

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