‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 239 sur 324 · EN ORIENT · texte numérisé non relu

EN ORIENT

La victoire remportée sur Rome devait avoir pour conséquence naturelle de rehausser le prestige du patriarche de Constantinople aux yeux de tous les évêques orientaux. Quels que fussent leurs sentiments particuliers à l’égard des Latins, même chez ceux d’entre eux qui étaient disposés à la conciliation, une sourde méfiance contre Rome, fruit de leur éducation dirigée selon les principes du sixième synode et de l’Encyclique de Photius, régnait toujours parmi eux. Michel Cerularius avait exploité ce sentiment au plus fort de la lutte *, et au fond tous ces évêques n’étaient pas fâchés de voir humilier un pape qui prétendait s’ériger en monarque spirituel et refusait, selon l’expression de Pierre d’Antioche, de discuter avec ses frères les patriarches 1 2. Telles furent les dispositions qui entraînèrent les évêques d’Orient à prendre part à la lutte aux côtés de Michel Cerularius ou, tout au moins, à garder une neutralité bienveillante. Mais une fois la victoire remportée, ce n’était plus de désintéressement qu’il s’agissait : il fallait prendre parti. Le choix leur était encore permis avant les événements de 1054; mais du moment qu’ils avaient laissé Michel Cerularius agir, ils étaient obligés de se ranger à sa suite et ce fut ce qui arriva. Le patriarche exerça son action despotique à la fois sur les Églises du

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