Jean Veccos, id., p
INTRODUCTION
et Léon IX est devenue un schisme. Tous les polémistes, tous les historiens adoptent cette opinion, depuis les Pères du Concile de Florence jusqu’aux théologiens du xvn° siècle et aux historiens modernes. Pour Nilus Damyla, cité par Allatius *, ce fut Michel Cerularius qui réunit un synode œcuménique et retrancha le pape de l’Église catholique a. A la fin du xvie siècle, Maximus Margunius, dans un Dialogue entre un Grec et un Latin 1 2 3 4 5, recherche les causes du schisme de 1054. Le Latin, par une confusion peut-être volontaire, accuse Michel Cerularius de s’être séparé du pape par dépit de n’avoir pu obtenir l’autorisation de porter des sandales de pourpre. Son interlocuteur orthodoxe le reprend sévèrement, et son admiration pour Michel, qu’il qualifie d’ « ascète » et d’ « hiérarque divin », montre assez qu’il le regarde comme un des plus grands hommes de l’Église grecque, comme le défenseur de l’orthodoxie \
Tous sont d’accord, partisans du schisme ou de l’union avec Rome, Grecs ou Latins, pour faire remonter à l’année 1054 le moment décisif de la séparation entre l’Église grecque et l’Église romaine, et pour voir en Michel Cerularius le principal promoteur du schisme. Allatius dans tous ses ouvrages 6 7, Arnauld dans sa Perpétuité de la Foi6, le P. Maimbourg dans son Histoire du Schisme, et, de nos jours, Joseph de Maistre dans son livre Du Pape \ le cardinal Hergenrœther dans son étude sur Photius, Pichler dans son Histoire de la séparation des deux