‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 25 sur 324 · I, x ; III, vi, etc · texte numérisé non relu

I, x ; III, vi, etc

INTRODUCTION

Églises, n’ont qu’un avis unanime à ce sujet. Pour eux, quelle qu’ait été l’âpreté des luttes antérieures- et l’importance des tentatives de rapprochement postérieures au xie siècle, ce siècle est bien l’époque la plus importante, le tournant de l’histoire des rapports entre les deux Églises. Encore aujourd’hui, c’est des. noms de M. Cerularius et de Photius que se réclament les patriarches grecs dans leurs encycliques; et ces mêmes noms sont placés par tous les Grecs-unis parmi ceux des hérésiarques fameux, d’Arius ou d’Eutychès *.

11 existe donc une grande divergence entre l’opinion des contemporains du schisme et celle de la postérité. Les premiers n’ont pas attaché à cet événement toute l’importance que nous lui attribuons. Dans la complexité des faits, ils n’ont pas discerné le germe de division qui devait se développer au point de rendre toute union impossible. Si la figure de M. Cerularius les a frappés, c’est plutôt par sa mort si dramatique que par sa volonté d’établir quelque chose de nouveau dans l'Eglise. Au contraire, pour tous les modernes, Michel Cerularius est le principal auteur de la séparation séculaire entre les deux Églises.

Tels sont les termes du problème historique qu’il s’agit maintenant de résoudre. Il faut reprendre une à une les pièces de ce procès et suppléer quelquefois à leur silence ou à leurs réticences par les inductions que peuvent nous fournir les contemporains. Il ne suffît pas d’étudier le schisme du xi° siècle, ainsi qu’on l’a trop fait jusqu’ici, comme une querelle de théologie abstraite. Pour en com prendre la portée, il faut le replacer dans son milieu véritable, c’est-à-dire dans la société byzantine du xi° siècle. En un mot, on ne peut comprendre les intentions

I. Par exemple dans Macaire, Mst. de l'Église d’Alexandrie, Le Caire, 1894.

INTRODUCTION

des hommes qui furent mêlés à cet événement que si l’on parvient à connaître leur caractère, leurs idées et jusqu’à leurs préjugés. Or, grâce aux historiens du temps et aux monuments littéraires qui ont été publiés récemment ou sont encore inédits, cette étude psychologique n’est pas impossible. Elle seule nous permettra d’avoir du schisme une opinion rationnelle et de savoir si son principal auteur, Michel Cerularius, moins aveugle que ses contemporains, a prévu toutes les conséquences de ses actes et réellement voulu substituer à l’ancienne union avec Rorqe un régime nouveau qui est devenu la tradition de l’Église orthodoxe. Derrière les polémiques, il faut chercher les intentions, et derrière les intentions les causes qui ont poussé vers le schisme les contemporains de Michel Cerularius. Cette étude offre donc un grand intérêt pour l’histoire religieuse de l’Europe du moyen âge, mais elle peut aussi contribuer à expliquer l’état religieux de l’Orient moderne et l’origine du particularisme qu’il sauvegarde avec jalousie contre les tentatives répétées d’union avec Rome.

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