CHAPITRE PREMIER
LES RAPPORTS ENTRE L’ÉGLISE GRECQUE ET L’ÉGLISE ROMAINE DEPUIS LE DÉBUT DU Xe SIÈCLE JUSQU’AU MILIEU DU XIe SIÈCLE
La meilleure manière de comprendre la portée du schisme de 1054, c’est de rechercher s’il résulte d’une série de faits antérieurs qui l’auraient préparé. Il est sans doute la conséquence naturelle du schisme de Photius; mais après les longues négociations du règne de Léon VI, la paix avait été rétablie entre les deux Eglises, et cette paix dura cent soixantehuit ans, de la déposition de Photius (886) au schisme de 1054. La séparation des deux Eglises ne fit-elle, durant cette période, aucun progrès? L’expression de « paix profonde », employée par le patriarche Jean VeCcos pour la caractériser, est-elle exacte, ou un certain nombre de faits qu’il s’agit de discerner pouvaient-ils faire prévoir la catastrophe qui s’est produite ? En d’autres termes, quelles étaient, à la veille du schisme, les tendances des esprits? Durant ce long espace de temps, les rapports entre les Grecs et les Latins sont-ils allés toujours en s'altérant, si bien qu’en 1054 une séparation était nécessaire; ou bien la lutte entamée par Michel Ceru-