‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 27 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

larius contre le Saint-Siège a-t-elle éclaté comme un coup de foudre au milieu d’un ciel sans nuages? Il nous importe d’être lixés sur ce point, afin de pouvoir apprécier 1 importance de cette lutte et la part de volonté qui revient à son principal auteur.

I. — Il est d’abord certain que la paix n’a pas été aussi profonde que le voulait Jean Veccos et que, pendant cette longue période, les rapports entre Rome et Constantinople ont été plusieurs fois troublés. Pouvait-il en être autrement après l’agitation causée par Photius dans l’Eglise? Un grand nombre des évêques d’Orient devaient à ce patriarche leur ordination et, bien que sa mémoire eût été abolie sous Léon VI, ils avaient obtenu, après de difficiles négociations, la faculté de garder leurs sièges *. Ils devaient donc, malgré les canons, conserver pour cette mémoire une vénération secrète. D’autre part, les polémiques soulevées par Photius n’avaient pas reçu de solution ; par une sorte d’accord tacite on les avait oubliées, afin de rétablir la paix entre les deux Eglises. Mais la question de la doctrine du Saint-Esprit, celle de la juridiction de l’Église romaine dans l’Italie méridionale et en Bulgarie restaient toujours ouvertes. Une haine commune avait rapproché pape et empereur; mais de nouveau les circonstances pouvaient les diviser et rien ne devait paraître plus fragile que le compromis laborieux auquel on s’était arrêté en 891 1 2.

Aussi bien dans le cours du xe siècle et au commencement du xie siècle, les sujets de conflit ne manquèrent pas aux deux Églises, et parmi ceux qui dirigèrent la politique à Constantinople, empereurs et patriarches, l’Église romaine eut à compter des adversaires. Ses hauts dignitaires eux-mêmes n’étaient pas toujours animés d’un esprit bienveillant pour l’Eglise grecque et il en résulta un certain nombre de froissements et de conflits qui, sans produire une séparation défi-

1. Voir dans les Annales de Baronins, ixe siècle, 891, p. 628.

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