CHAPITRE PREMIER
églises *. Le patriarche de Jérusalem (c’est Humbert luimôme qui nous l’apprend) avait conservé l’usage des azymes 1 2 et le mouvement incessant des pèlerins occidentaux qui se rendaient en Terre-Sainte pouvait le faire pencher du côté de Rome 3 4 5 ; il fallait donc se hâter de le gagner, lui et son collègue d’Alexandrie à la cause du schisme.
Une première fois, avant les événements de juillet 1054, Michel Cerularius avait enjoint au patriarche d’Antioche de rechercher s’il était vrai que la mention du pape dans les diptyques eût toujours lieu dans ces deux patriarcats \ Cette première incursion dans le domaine de Jérusalem et d’Alexandrie lui parut insuffisante et, lorsque, après la scène de l’excommunication, il écrivit pour la seconde fois à Pierre d’Antioche, il joignit à sa lettre deux missives exactement pareilles, « lo-o8uvap.ouv'ca xaxà Tràvxa xw Tipoç X7)v OTjV ayitoo-uvriv àTTsaraXpivcp B », et il chargea le patriarche lui-même de les faire parvenir à leurs destinataires. Nous ne possédons plus ces deux lettres, mais Michel Cerularius prend lui-même la peine de nous dire qu’elles étaient en tout semblables à celle qu’il écrivait au patriarche d’Antioche. Cette invitation ne lui parut même pas suffisante et il termina sa lettre en engageant Pierre à leur écrire lui même pour exciter leur zèle en faveur de l’orthodoxie, « ÇrjXov evQsov àv aXàëetv «sol xoù opôoô Sôvpa-ro; 6 ». Quel était son but en lui faisant cette recommandation? Si ces patriarches, dit-il, sont interrogés sur les affaires de Rome, ils pourront ainsi faire une réponse convenable, « àpp.6Çouo-av Ttpoç aù-roès xsd Xsyopisvr )v, Jk; SeS^Xwtai Ttov/îa-aa-Oa'. r^v à«6xpi.<nv 7 ». C’était donc le mot d’ordre que Pierre d’Antioche était chargé de leur transmettre; les quatre patriarches ainsi réunis dans un même accord ne devaient
1. Deuxième lettre à Pierre d’Antioche (\Vill, p. 188, 8-24).
2. Dialogue du Latin et du Constantinopolitain. Baronills, XI, 743 a-b ,