‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 266 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nicétas les conjure d’abandonner l’hérésie des azymes et toutes les autres dont il a fait mention dans les traités précédents *.

D’autre part, des négociations devaient se poursuivre directement à Constantinople môme avec le clergé arménien. Les historiens de l’Arménie nous signalent les voyages fréquents, à cette époque, des catholicoi d’Arménie dans la ville impériale. Ce fut d’abord le patriarche Pierre (1019-1036) qui, appelé à Byzance, craignit d’avoir le sort du roi Gagik et consacra avant son départ un nouveau catholicos, Xacik II, qui régna de 1056 à 10611 2. Il est impossible de savoir quels succès Michel Cerularius avait obtenus avant sa mort, mais il est certain qu’après lui son œuvre fut continuée avec zèle par les empereurs. En 1060, Constantin Ducas convoqua une assemblée d’évêques grecs qui essaya en vain de faire aboutir

l’union des Eglises 3. Aussi après la mort de Xacik, grâce à la politique impériale, aucun successeur ne lui fut donné. Le siège patriarcal resta vacant pendant quatre ans. Au bout de ce terme l’empereur fit élire un patriarche favorable à l’union. Ce patriarche nommé Grégoire II vint à Constantinople en 1077 ; mais, à cette époque, les préoccupations des Byzantins s’étaient portées ailleurs : le rapprochement avec l’Arménie fut abandonné et Grégoire II se mit en rapports avec Grégoire VIL L’œuvre de Michel Cerularius fut donc abandonnée de ce côté et l’Eglise latine recueillit plus tard les fruits de cette négligence.

Dans l’entreprise gigantesque qu'il avait assumée, Michel Cerularius manqua, en effet, du principal allié de tous les grands réformateurs, du temps. Ses efforts pour gagner l’Orient à sa cause durent être rapides et souvent hâtifs; aussi les succès furent-ils inégaux. Il vit l’Italie échapper à l’Eglise grecque et ne put lui donner l’Arménie : du moins il commença à constituer un faisceau d’Eglises, indépendantes

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