Id
nitive, dut certainement habituer quelques esprits à la pensée du schisme. Malheureusement, les historiens du xc siècle n ont pas laissé plus de détails sur ces querelles religieuses que ceux du xie siècle, si bien que les événements de cette période sont remplis d’incertitude et d’obscurité.
Le premier patriarche de Constantinople qui, depuis Photius, se soit trouvé en conflit avec Rome, est Nicolas Mysticos, élu en 896. Il s’était opposé aux quatrièmes noces de Léon VI et avait excommunié cet empereur. Déposé en 906 avec l’assentiment des légats du pape, il fut rétabli sur son siège après la mort de Léon VI et, dans une lettre au pape Anastase, il protesta contre la conduite des légats qui avaient donné l’absolution à l’empereur. Un conflit s’éleva et ne fut terminé qu’en 920, au synode réuni sur l’initiative de Constantin Porphyrogénète. Rien, dans cet épisode, ne laisse supposer la moindre velléité de schisme. Aucune question religieuse n’est soulevée. Il s’agit seulement d’un point de discipline, grave à la vérité, aussi grave que celui qui avait été l’origine du schisme de Photius; mais il ne semble pas que Nicolas Mysticos ait songé, comme son prédécesseur, à exploiter cette querelle pour en faire le point de départ d’une séparation religieuse. Nicolas fut reconnu parle pape comme patriarche légitime et lui-même admit la juridiction de Rome en acceptant cette approbation *.
Puis, pendant près de soixante ans, la paix semble avoir été réelle et aucun signe de mécontentement ne se manifesta, ni d’un côté ni de l’autre. Le patriarche Théophylacte lui-même, ce fils de l’empereur Romain qui mena sur le trône patriarcal la même vie scandaleuse que menaient certains papes du xe siècle, paraît n’avoir eu que de bons rapports avec le Saint-Siège. Quelle qu’ait été l’irrégularité des procédés qu’il employa, il n’en est pas moins intéressant de constater qu’en face des évêques d’Orient qui lui étaient hostiles, il recourut à l’autorité de Rome pour consolider
1. Sur la Tétragaruie, voir Hergenrœther, Photius, t. III, 1. X.