CHAPITRE II
méc *. Les eunuques de l’impératrice lui avaient fait jurer par des serments terribles qu’il ne ferait rien sans les consulter 1 2 3 et ils pensaient ainsi perpétuer leur pouvoir sous son nom 3. A ce prix Théodora l’adopta pour lils et successeur, mais lorsque vint le moment de sa mort, le 31 août 1036, il fallut bien entrer en pourparlers avec le patriarche qui seul avait qualité pour donner à l’empereur l’onction sans laquelle aucun pouvoir n’était légitime.
Psellos a retracé, dans Y Oraison funèbre de Michel Cerularius, la scène saisissante qui se passa ce jour-là au Palais. Théodora n’était pas morte encore; Michel Cerularius se rendit à son chevet et, comme elle était déjà incapable de prononcer une parole, il l’adjura de témoigner par un signe si Michel Stratioticos était bien celui qu’elle avait choisi pour lui succéder. La moribonde fit un léger signe de tête; aussitôt le patriarche revint trouver le nouvel empereur, lui posa, selon les rites, la couronne sur la tête, puis dans une harangue, lui traça ses devoirs et le quitta « en ne lui laissant d’autres gardes que ses conseils 4 5 ».
Au moment même où Michel Cerularius rentrait à son palais de Sainte-Sophie, une nouvelle émeute bouleversait les rues de Constantinople. Un neveu de Constantin Monomaque, le proèdre Théodose, essayait de se faire proclamer empereur. Il avait rassemblé une troupe d’esclaves et de prisonniers qu’il avait délivrés, puis, à la lin du jour, il marcha sur le palais et essaya de s’en emparer. Mais les eunuques qui étaient au pouvoir rassemblèrent à la hâte une garde de Byzantins et de Varègues Théodose fut repoussé et, ne sachant où se réfugier, il s’adressa d’instinct à celui qui
1. Cedrenos, II, 612 : « Movotç toi; axpaxiomxotç êx xtaîSiov àitaayoXr|8Évxa xai itXsov âXKo eiSdxa fjiTjSsv... »
2. An. Synopsis Chron. (Sathas, t. VII), p. 163 (19) : « "Opxw yltp èyypctcpco xouxov èç^atpaXtaavTO, ûit’ aùxüv èxsEviov xà itivxa aysaSai. »
3. Cedrenos, II, 612 : « "Ivï [lôvov xaî dvojxx aùxàç Z'/Ji xf)<; paaiXe.aç,
aùxol 6è Siel-âyoxuv, ûç poûXovxat xi xoiva. »
4. Psellos, I, Ovais. fun ., p. 358 : « <l>j)iaxa<; aûxip xoùç o!xe£ouç Xoyouç îvnrwv. »