Cedrenos, II, 612-613; — Zonaras, XVIII
s’était montré un jour le protecteur de l’émeute ; il se rendit devant l’église Sainte-Sophie, dans l’espoir d’ôtre accueilli par le patriarche et d’exciter un rassemblement populaire suffisant pour l’acclamer empereur l. Mais Michel Cerularius n’était pas homme à se jeter dans une pareille aventure ; s’il ne dédaignait pas de se servir de l’émeute, il n’avait aucun intérêt à protéger le premier ambitieux venu. Il y aurait eu de sa part une inconséquence trop grave à renverser le soir même l’empereur qu'il avait sacré dans la journée. Il n’eut donc pas un instant d’hésitation et fit fermer les portes de Sainte-Sophie 2. La troupe de Théodose se dispersa ; luimême fut pris et exilé à Pergame 3.
Par cette conduite, le patriarche s’était posé en protecteur du nouveau pouvoir ; Michel VI ne lui en sut aucun gré et commença à gouverner en négligeant le puissant élément d’autorité que pouvait lui apporter Michel Cerularius. La raison en est évidente : le personnel du gouvernement, dit Psellos, resta le même que sous Théodora ; les vieux ennemis du patriarche, les eunuques continuèrent à le tenir à l’écart des affaires 4 ; ils ne tardèrent pas à s’en repentir.
Cette politique aurait été possible si Michel Stratioticos avait eu à sa disposition une force capable de tenir Michel Cerularius en échec ; mais il n’en était rien. Le nouveau gouvernement ne tarda pas à être universellement impopulaire. La part que l’empereur prit personnellement à l’exercice du pouvoir fut des plus malencontreuses. Imbu des mœurs et des préjugés de l’ancien temps qu’il voulait remettre à la mode, il semblait suranné à la nouvelle génération 5. Chacune de ses mesures excitait à bon droit la raillerie ; ne s’avisa-t-il pas de forcer tous les habitants de