CHAPITRE II
Byzance à porter des coiffures rouges *? Mais son plus grand tort, et il l’expia cruellement, fut de s’attaquer à l’armée. Ancien soldat, il confia toutes les grandes charges de l’empire à des civils, à des sénateurs 1 2 3 4 5. Les principaux chefs de l’armée d’Orient dont Constantin IX, désireux de faire une expédition contre les Turcs, avait grossi le chiffre, vinrent, en personne, réclamer contre cette négligence. Tous, Isaac Comnène, le duc d’Antioche, Kekaumcnos Katakalon et Nicéphore Bryenne, récemment rappelé d’exil, étaient des guerriers éprouvés ; les Normands, les Russes, les Petchénègues, les Arméniens et les Turcs avaient appris à connaître leur valeur. L’armée leur était toute dévouée et quelques-uns d’entre eux, comme Isaac Comnène, étaient de puissants propriétaires fonciers. L’empereur avait donc un intérêt direct à se les attacher, et il suffisait pour cela de les faire participer à la pluie de grâces et de faveurs qu’il répandait sur le sénat. Et pourtant, lorsqu’à la fête de Pâques 1057, ces généraux vinrent lui rendre hommage, ils n’obtinrent de lui que de belles paroles ! ou même des railleries \ Ils se retirèrent furieux et la vengeance ne se fit pas attendre.
Après avoir fait auprès de l’empereur et de ses conseillers une seconde tentative qui ne réussit pas plus que la première s, les généraux mécontents se réunirent pour aviser et de leur réunion sortit un complot. Cette fois ce n’était plus d’une aventure qu'il s’agissait, mais d’une résolution solide appuyée sur des forces réelles, sur l’armée impériale tout entière. Aussi le patriarche qui avait dédaigneusement repoussé les ouvertures de Théodose, ouvrit-il cette fois aux conjurés les portes de Sainte-Sophie, pour leur permettre
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