CHAPITRE PREMIER
son pouvoir. Il gagna le fameux tyran de Rome, Albéric, et celui-ci força le pape Jean XI à lui envoyer des légats qui le reconnurent comme patriarche légitime, malgré son jeune âge (il avait seize ans), et lui accordèrent même, pour lui et scs successeurs, le droit de porter le pallium sans l’avoir demandé au pape (933) \
Ce n’est qu’à la fin du xe ou au commencement du xie siècle que l’on croit trouver de nouveau à Constantinople des tendances séparatistes. L’empereur Basile II (976-1025) se serait montré l’ennemi acharné de la papauté et pourrait être considéré comme l’un des promoteurs du schisme. Ardent ennemi des empereurs allemands en Italie, il aurait essayé, pour les combattre, de porter la confusion dans la chaire de Saint-Pierre et, afin d’atteindre le cousin même de l’empereur, le pape Grégoire Y, fait élire, en 997, l’antipape Jean Philagathos, sous le nom de Jean XVI, et protégé l’entreprise de Crescentius.
Malheureusement, les historiens qui ont étudié ces faits ont cherché à les présenter sous un jour favorable à leur thèse et les ont déformés en suppléant au silence des textes par leurs propres conjectures 1 2. Quand bien même Basile aurait fait élire un antipape et poussé Crescentius à la révolte, il ne faudrait pas en conclure qu’il voulût par là augmenter la division entre les deux Eglises. Ce fait prouve .seulement qu’il était l’adversaire d’Otton III et de Grégoire Y et, qu’en bon politique, il favorisait leurs ennemis. Si une pensée de schisme était entrée dans ses calculs, il eût mieux valu non pas élire un antipape (c’était reconnaître implicitement le pouvoir de Rome), mais se séparer violemment de l’Eglise latine. De plus, les intelligences secrètes entre Basile II et Crescentius ne sont pas du tout prouvées. Jean Philagathos, cet ancien serf de Calabre et Grec d’origine 3, qui s’était