Luitprand, Legatio (Pertz, Mon. germ, p
2. Par exemple, Gfrœrer, Byzantinische Gesehichten, t. III, p. 100.
3. Vie des papes, parle cardinal Boson (Duchesne, Lib. Pontif., II, p. 535); Annales de Quedlimbourg (Pertz, t. IV, p. 71).
élevé à la cour d’Otton II par la protection plus ou moins suspecte de l’impératrice *, puis, après s'être emparé violemment de l’archevêché de Plaisance 1 2, avait été chargé par Otton III d’aller demander en son nom la main d’une princesse impériale 3, fut-il acheté par l’empereur de Constantinople? Bien qu’aucun texte ne l’indique, il est permis de le supposer, puisqu’on le voit se détacher tout d’un coup de la cause d’Otton III. Tel est peut-être le motif qui l’a décidé à accepter la tiare des mains de Crescentius 4, mais rien ne prouve que sa conduite postérieure ait été arrêtée à Constantinople. Basile II profita sans doute des embarras dans lesquels cette révolte jeta l’empereur et le pape légitime ; il ne songea pas du tout à les exploiter pour rompre ses relations avec l’Eglise latine.
Mais si l’on met à part cette intrigue toute politique, peutêtre faut-il ajouter plus de créance aux tentatives des quatre patriarches de Basile II pour reprendre l’œuvre du schisme au point où l’avait laissée Photius. Le premier, Nicolas Chrysobergès (983-993), aurait condamné solennellement à. la fois les ennemis d’Ignace et de Photius, afin de calmer les polémiques qui duraient toujours dans l’empire grec, et cette tentative de conciliation constituerait la première atteinte au compromis de 890. Le second, Sisinnios (995-997), plus hardi encore et avec des intentions évidemment hostiles à Rome, aurait envoyé de nouveau aux trois autres patriarches orientaux l’Encyclique de Photius. Enfin, les deux derniers, Sergius (997-1019) et Eustathios (1019-1025), auraient cru le moment venu de donner une sanction à ces tentatives, le premier en rayant le nom du pape des diptyques, le second en se faisant reconnaître le titre de patriarche œcuménique.
On peut affirmer qu’entre l’existence de ces deux derniers
1. Ann. de Quedlimb., id.; P. Damien, Lettres, I, 21, l’accuse d’adultère.