Voir deuxième partie, chap., ni, pp
LE GRAND DESSEIN DE MICHEL CERULA1UUS
tion des rapports de l’Église et de l’État et celle des droits de l’empereur sur les biens ecclesiastiques. Il est remarquable que Michel Cerularius ait senti l’importance de ce problème et qu'il ait profilé des circonstances pour le résoudre dans l’intérêt exclusif de l'Église. Désormais, le patriarche de Constantinople disposait sans contrôle des ressources de la principale église de son patriarcat. Déjà supérieur à l’État au point de vue spirituel, il acquérait ainsi l'indépendance temporelle; et les entreprises passées de Michel Cerularius et ses projets d’avenir rendaient plus dangereuse encore l'arme que 1 empereur venait de lui mettre entre les mains.
D'ailleurs, la fin de l’année 1057 et le commencement de l’année 1058 marquent l’apogée de son pouvoir. Tous ses ennemis sont abattus; l’empereur se considère vis-à-vis de lui comme un obligé plutôt que comme un souverain. Sa faveur à la cour est sans limites. Isaac Comnène lui rend les plus grands honneurs et lui témoigne une vénération filiale *. 11 obtient pour ses neveux les plus hautes dignités 1 2 ; l’un d'eux, Constantin, est nommé protoproèdre 3. Les moines de Chio, qui avaient été exilés sous Théodora et dont il avait fait ses familiers 4, sont rappelés : Michel Cerularius obtient même des lettres impériales qui leur permettent de fonder un monastère 5. Non seulement ils sont entièrement réhabilités, mais le patriarche les représente comme des martyrs et, armé de la lettre impériale 6, il peut effrayer leurs ennemis et rendre en public hommage à leurs doctrines 7 .
Du côté de Rome, Michel Cerularius n’avait plus à craindre