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LE GRAND DESSEIN DE MICHEL CERULARIUS 279
ricure de l’empire exigeait beaucoup d’argent. Il fallut donc recourir à des moyens extraordinaires, et Isaac Comnène n hésita pas à se servir, pour faire face à la situation, des nombreuses ressources accumulées dans les monastères. Il se rendit dans plusieurs d’entre eux et les réduisit à une sorte de portion congrue ; le reste de leurs biens alla grossir le trésor impérial \
Il est bien probable que ce furent ces actes qui excitèrent les critiques du patriarche. Dans les premiers jours du règne d’Isaac, Michel Cerularius n’avait pas été habitué à rencontrer de résistance de sa part ; l’empereur avait consenti à toutes ses demandes, les avait même prévenues et avait suivi tous ses conseils. Dès qu’il cessa d’en être ainsi, Michel Cerularius se révolta. « Bientôt, dit Scylitzès, confiant dans la grande bienveillance de l’empereur, il se montra présomptueux à son égard. S’il lui fallait une faveur pour lui ou pour un autre, il ne se contentait plus d’employer la prière et les conseils ; et s'il échouait souvent à cause de ses demandes continuelles, il se laissait emporter à de graves menaces et à des comparaisons déplacées ; si l’empereur refusait de se laisser persuader, il prédisait la chute de son pouvoir en employant un langage trivial et populaire : ’Ew ers IxTLTa, cpoôpvs • £« "va ts yaXàaw, je t’ai élevé, brute, mais je te perdrai 1 2. » — « A la même époque, dit Michel d’Attalie, le patriarche, excité par les avantages qu’il avait surpris, conçut le dessein d’exercer sur le gouvernement une autorité plus grande que celle qui convenait à sa dignité. Fort de la bienveillance de l’empereur, il ne le vit pas moins désapprouver un grand nombre de ses entreprises ; alors il s’emporta contre lui. Tantôt il l’assiégeait de ses remontrances et de ses exhortations paternelles ; tantôt il prenait dans ses leçons un ton de blâme et de menace contraire à ses anciennes habitudes de complaisance, de douceur et de