Psellos, I, Orais. fun., pp
5. Anon. Synopsis Chron., édit. Sathas, t. VII, p. 164 : « Tà Oappsïv lyovr., i»; cLeto, iitô tou xaxi t àv tt,ç itpeaêuTÉpa; Pü>|j.t,î irâuotv dtyetv. »
LE GRAND DESSEIN DE MICHEL CERULARIUS
sa couronne au patriarche, passait aux yeux de la foule pour un ingrat, pour un fils révolté contre son père.
Telles étaient les raisons qui rendaient critique la situation de l’empereur vers le milieu de l’année 1059. « Il voyait, dit Pscllos, que la foule se rangerait bien vite autour du patriarche et se laisserait pousser par ses inspirations *. » Tous ceux qui abandonnaient le parti d’Isaac Comnène venaient grossir celui du patriarche. Une révolution était donc imminente : Michel Cerularius voulait peut-être changer la nature du pouvoir impérial et le subordonner au patriarche ; peut-être aussi désirait-il (et cette hypothèse est rendue plausible par toute sa vie) s’emparer lui-même de la couronne impériale et réaliser ainsi les rêves de sa jeunesse. Maître de l’Eglise et de l’État, il aurait disposé des choses matérielles et spirituelles de l’empire et fait rentrer tout l’Orient sous sa domination. S’il avait voulu seulement renverser lsaac Comnène et lui substituer un autre empereur, il est probable que le nom du candidat à cette succession nous aurait été transmis ; or, nous ne trouvons rien de pareil dans les témoignages du temps qui pourtant énumèrent avec complaisance les noms de tous ceux qui ont cherché à devenir empereurs. Il faut donc conclure que Michel Cerularius était à la veille d’accomplir les desseins mystérieux qu’il méditait depuis qu’il occupait le trône patriarcal, lorsqu’un revirement se produisit soudain et arrêta net toutes ses espérances. Comnène, effrayé du danger, prévint son adversaire : il le fit arrêtera l’improviste et conduire en prison.