Telle est l’hypothese de Drâseke. Voir plus haut
LA CHUTE DE MICHEL CERULARIUS
celle d’Isaac Comnène et, si Michel Cerularius eut connaissance des calomnies qu’il débitait ainsi contre lui, elles ne durent pas peu contribuer à hâter sa fin.
En effet, le tribunal qui s’était assemblé en Thrace ne vit pas comparaître le patriarche devant lui. Ordre avait été donné de 1 extraire de sa prison d Imbros et de le conduire dans la ville où se réunissaient les juges : il n’arriva pas au terme de son voyage. Au lieu de cingler vers le nord, le navire qui le portait lut entraîné par les courants dans le détroit des Dardanelles, et, malgré leurs efforts, les matelots furent forcés d’aborder dans le petit port de Madyte, sur la côte européenne, à la grande satisfaction du captif qui s attendait à y trouver un secours Ml ne fut pas trompé dans son espoir. En saint homme, renommé par sa vertu, Euthymios, était alors archevêque de Madyte 1 2. Il réconforta par des soins, tant matériels que spirituels, l’infortuné patriarche, « car il existe une sympathie secrète entre les âmes comme entre les corps 3 ». Michel Cerularius trouva une grande douceur dans ces consolations et « lui ouvrit toute son âme 4 ». Mais les émotions de toute sorte, les fatigues dues à ces voyages successifs et même les mauvais traitements qu’on lui infligeait avaient miné cette nature inflexible qui pouvait bien rompre, mais non pas plier. Il avait trouvé la dernière station de son calvaire et il arriva à Madyte pour y mourir « dans toute sa connaissance, à la face du Sauveur Jésus-Christ 5 ». L’œuvre du synode était devenue inutile : Isaac Comnène, soucieux jusque-là de la tournure prise par les événements, n’avait plus à trembler pour sa couronne.
Ainsi, en l’espace de quelques jours, Michel Cerularius était tombé du faîte de la puissance suprême dans un abîme