Scylitzès, id
LA CHUTE DE MICHEL CERULARIUS
nellement dans le monastère même des Saints-Anges où avait eu lieu son arrestation Ses neveux furent rétablis dans toutes leurs dignités 1 2. L’empereur lui-même se rendit au tombeau du patriarche, se jeta sur son corps avec des sanglots et, dans une longue étreinte, lui demanda pardon de toutes ses entreprises contre lui 3 4 *. Il n’alla pas jusqu’à se faire donner la discipline, comme plus tard Henri II au tombeau de Thomas Becket, mais il n’en est pas moins vrai que, sincères ou non, ces démonstrations étaient nécessaires. Si Comnène eût tenu une autre conduite, le peuple aurait pu venger son patriarche qu’il vénérait déjà comme un bienheureux. Michel Cerularius pouvait devenir aussi dangereux pour l’empereur après sa mort que de son vivant.
A peine, en effet, avait-il fermé les yeux que sa légende s’élaborait déjà dans l’ombre. Avant même que son corps fût transporté à Constantinople, il apparut en songe à l’archevêque de Madyte. Il était revêtu de ses ornements épiscopaux et tout son visage exprimait la joie ; au point du jour, il s’évanouit en disant que Dieu le rappelait auprès de lui \ Et plus tard, lorsqu’on l'ensevelit dans son tombeau, on remarqua avec étonnement que sa main droite était restée placée en forme de croix, comme s’il bénissait encore le peuple s. « Ses doigts étaient les uns élevés, les autres attachés ensemble 6. » On y vit le symbole de la paix qu’il semblait ainsi apporter à tous.
Aussi, après qu’Isaac Comnène eut été forcé à son tour d’abdiquer l’empire, lorsque la propre nièce de Michel Cerularius, Eudocie 7, et son époux, Constantin Ducas, l’eurent remplacé sur le trône en 1063, le grand patriarche reçut-il une véritable apothéose. Son successeur, Constantin Lichudès,