‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 44 sur 324 · Belin, Ilist. de la latinité de Constantinople, p · texte numérisé non relu

Belin, Ilist. de la latinité de Constantinople, p

Bien plus, il y avait un monastère latin situé hors de l’empire, le monastère du mont Cassin, que les empereurs grecs se plaisaientà protéger ctàcombler de leurs libéralités. Les schismes eux-mêmes ne détruisirent pas cette tradition et nous la trouvons vivante au début du xie siècle, au moment même où le prétendu schisme de Sergius aurait séparé Rome de Constantinople. 11 existe, en effet, une charte de Boïanus, catapan d’Italie, datée de 1008 et inspirée par l’empereur Constantin VIII. Elle défend aux fonctionnaires d’enlever les biens des monastères et surtout ceux de Saint-Benoît *. Il s’agissait pourtant de la source même où l’Eglise romaine puisait toujours de nouveaux défenseurs.

Mais, à côté des causes accidentelles qui mettaient ainsi en relation les fidèles des deux Eglises, il y eut bientôt entre eux un motif permanent de contact : ce fut l'affluence des Occidentaux aux Lieux Saints vers le milieu du xie siècle. A cette époque, d’après Raoul Glabcr, toutes les classes de la société furent entraînées par la même impulsion vers le Saint-Sépulcre. « D’abord le bas peuple, puis la classe moyenne, ensuite les grands, les rois et les comtes, les marquis et les évêques, et enfin, ce qui ne s’était jamais vu, les femmes les plus nobles ainsi que les plus pauvres s’y dirigèrent 1 2. » Or, tous ces pèlerins suivaient surtout la voie terrestre, c’est-à-dire la vallée du Danube, et c’était à Constantinople qu’ils allaient s’embarquer pour la Terre Sainte, à moins que le passage à travers l’Asie-Mincurc ne les effrayât pas. Ils traversaient donc l’empire d’Orient et si, à ce moment, il avait existé des sujets de haine religieuse entre eux et les Orientaux, des conflits n auraient pas manqué de se produire, semblables à ceux qui naquirent plus tard à l’époque des croisades.

Que voyons-nous, au contraire? Tous ces évêques occidentaux ne témoignent jamais la moindre défiance envers

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