‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 50 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

où il était sûr de recevoir un accueil des plus flatteurs, car sa renommée était arrivée jusqu’aux empereurs 1 ; il préféra, par humilité, se retirer chez les Latins pour qui il était un inconnu et qui ne seraient pas tentés de lui rendre des honneurs. Et pourtant si, en faisant ce choix, il comptait aller au devant de mortifications méritoires, son espérance fut vite déçue. Non seulement il fut très bien accueilli à Capoue chez le prince Pandulphe2, mais on le fit conduire au monastère du mont Cassin. Là, tous les moines vinrent en grande pompe le recevoir et leur accueil ne fut pas plus magnifique que si « saint Antoine leur était venu d’Alexandrie ou leur grand saint Benoît d’entre les morts 3 4 ». Le saint ne put s’empêcher d’être étonné de leur accueil. « Il fut surpris, dit son biographe, de l’attitude de ces gens envers nous \ » Puis on le conduisit devant l’abbé et le chapitre qui lui proposèrent de s’établir au monastère avec ses moines, pour y célébrer les offices en langue grecque, « afin que, selon la parole de Dieu, tout fut renfermé en tout 5 ». Il accepta et entra au Mont Cassin avec plus de soixante moines 6. A cette courtoisie des Latins, il répondit d’ailleurs par les mêmes sentiments. Non seulement il employait avec les moines la langue latine 7, non seulement il composa un hymne en l’honneur de saint Benoît 8, mais, dans les conversations qu’il eut avec eux sur les points controversés entre les deux Eglises, il fit preuve de la plus large tolérance. Les moines lui demandèrent notamment son opinion sur le jeûne du samedi : il répondit que jeûner et ne pas jeûner était également bon et également digne de la gloire de

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