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Dieu Il avoua, d’ailleurs, que les Grecs avaient pour eux l’autorité des Saints Pères, mais il reconnut que le jeûne ne pouvait être mauvais et il engagea les Latins à suivre les coutumes de leurs pères 1 2.
Le même accueil fut réservé à saint Nil lorsqu’il se résolut à faire le voyage de Rome, afin de délivrer un de ses compatriotes, ce Philagathos qui, après avoir été élu pape sous le nom de Jean XVI, fut emprisonné et soumis aux plus mauvais traitements 3. Sans doute le pape légitime refusa de^ se dessaisir de son rival, mais lui et l’empereur Otton III reçurent le saint avec la plus grande déférence. Dès qu’ils apprirent son arrivée, ils allèrent à sa rencontre et « après l’avoir pris chacun par un bras, ils l’introduisirent dans le palais du pape et le firent asseoir au milieu d’eux 4 5 ». Ils auraient voulu le garder à Rome, mais saint Nil revint au monastère qu’il avait fondé en Campanie s Quelques années plus tard, il eut la gloire d’y recevoir Otton III lui-même, à son retour d’un pèlerinage au Monte-Gargano, et cet empereur, qui avait une admiration particulière pour tout ce qui était grec, se proclama son fils spirituel et reçut de lui volontiers des leçons 6 7.
Enfin, pour donner comme une consécration à cette sorte d’alliance spirituelle avec l’Église latine, peu de temps avant sa mort, saint Nil quitta le monastère où il avait habité dix ans et se rendit à Rome. Arrivé à Tusculum, il s’arrêta et ni les prières de ses moines, ni celles des principaux personnages de Rome ne purent le décider à entrer dans la ville \ Il déclara qu’il avait choisi ce lieu pour y mourir et il y fonda un monastère destiné à des moines grecs de l’ordre de Saint-
1. Migne, Pat. gr., t. CXX, p. 126 : « Etre ouv £s0iop.Ev ujaeT?, eîte û|xetç vt^teuete, •jîâvTa si? Sdijav ©eoü ttoioüjaev. »