‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 52 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Basile \ Ce monastère devint l’abbaye de Grotta-fcrrata qui existe toujours et a conservé son rite basilien à travers les siècles. Non seulement il ne porta aucun ombrage aux papes, mais il fut placé sous leur protection et, plus tard, Léon IX put, dans sa lettre à Michel Cerularius, opposer ses égards pour les églises grecques de Rome aux persécutions subies par les églises latines à Constantinople 1 2.

Un des successeurs de saint Nil, saint Barthélemy, fut également toute sa vie un fidèle de l’Eglise romaine et le schisme même ne put l’en séparer, puisqu’à l’époque de sa mort, d’après son biographe, il était l’un des conseillers les plus écoutés du « pape régnant » qui n’était autre que Grégoire VII 3. Ce même biographe, après avoir loué ses vertus, ajoute qu’elles furent d’autant plus remarquables qu’elles eurent l’occasion de s’exercer sur une terre étrangère, au milieu d’un peuple qui parlait une autre langue que la sienne 4. Il aurait joui, en effet, à Rome d’une bien grande autorité, si c’était lui qui avait décidé le pape Benoît IX à abdiquer et à laisser la tiare à de plus dignes que lui ; il est vrai que les historiens latins attribuent cette abdication à des motifs beaucoup moins nobles et surtout moins désintéressés 5.

Parmi les liens qui unissaient alors les fidèles des deux cultes, il faut citer aussi la dévotion que les Grecs témoignaient pour le pèlerinage à Rome au tombeau des Apôtres. Ce pèlerinage, auquel les Occidentaux attachaient une très grande importance depuis plusieurs siècles, était regardé par les Orientaux eux-mêmes comme une bonne œuvre. Ce n’étaient pas seulement des moines, comme ce saint Christodule qui partit à vingt-trois ans d’Asie-Mineure pour aller

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