Migne, Pat. gr., t. CXXVII, p
5. Migne, Pat. gr., t. CXXVII, p. 484. Cet événement aurait eu lieu vers 1045.
visiter les: tombeaux de saint Pierre et de saint Paul ’, mais encore des laïques et môme des fonctionnaires byzantins. L’auteur de la vie de saint Barthélemy raconte l’histoire d’un scolastique, Jean, qui vint voir le saint au cours du voyage qu’il fit à Rome pour aller se prosterner devant le tombeau des apôtres 2. Or, ces pèlerinages avaient lieu quelques années avant le schisme, celui de saint Christodule en 1043, celui du scolastique Jean en 1043. Ils prouvent d’une manière certaine que pour beaucoup d’Orientaux Rome élai restée la tête de la chrétienté et que la pensée du schisme était étrangère à leur esprit.
C’est encore en Italie que nous trouvons le souvenir d’un célèbre ermite d’origine arménienne, de saint Siméon; il y laissa une trace si profonde de son passage, que les papes Benoît VIII et Léon IX lui-même n’hésitèrent pas à le canoniser : il prit place dans le calendrier de l’Église latine 3. Tout jeune, il abandonna sa famille et se fit ermite; puis, tourmenté du besoin de voiries lieux saints du christianisme, il partit pour Jérusalem d’abord et ensuite pour Rome 4. Dans cette ville, son aspect étranger et sa façon de prier, qui ne ressemblait pas à celle des Italiens, lui firent courir un grand danger. Au moment où il était prosterné dans l’oratoire de Saint-Jean de Latran, un prêtre le remarqua et voulut ameuter la foule contre lui 5 et il ne dut son salut qu’à l’intervention d’un évêque arménien, membre du synode qui se tenait à cet instant même dans la basilique sous la présidence du pape 6. Ce prélat le fit venir, lui parla dans sa langue et le saint édifia toute l’assemblée et le pape par l’orthodoxie de ses déclarations 7. Les dispositions du peuple changèrent
1. Martinov, Annales græco-slavicæ, dans les Bollandistes, octobre, t. XI, p. 298.