‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 54 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

subitement à son égard. Dès lors, il parcourut l'Italie, la France et l’Espagne, suivi sur sa route par des foules entières qui venaient implorer de lui les miracles et la guérison des malades \ Il alla jusqu’au sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle en Galice et passa même en Angleterre 1 2. Il revint par la France, s’arrêta en passant au monastère de Saint-Martin de Tours et, après avoir ainsi parcouru tous les lieux saints d’Occidenl, il revint se fixer dans un monastère de Mantoue où il termina sa vie sous la protection du duc Boniface, entouré de la vénération de tous les Italiens 3 4 5. Il mourut en 1016 \

L’histoire de ce saint est celle de beaucoup d’autres Grecs qui sont venus s’établir encore plus loin de leur pays natal, tout au fond de l’Occident. Ce fut ainsi qu’un autre saint Siméon, né en Sicile celui-là, vint finir ses jours dans un ermitage de la ville de Trêves 6. Il était le fils d’un Grec et d’une Italienne, et naquit à Syracuse à la fin du xe siècle 6. A sept ans, il fut conduit à Constantinople et reçut la même éducation que tous les jeunes Byzantins de son temps 7. Des pèlerins d’Occident qui passaient par Constantinople, lui inspirèrent l’envie d’habiter les Lieux-Saints et il se mit comme guideau service des pèlerins qui arrivaient en Terre- Sainte 8. Mais il brûlait du désir d’être ermite, et pour suivre en lout l’exemple de ses illustres prédécesseurs, il résolut de se soumettre d’abord comme eux à la règle d'un monastère. Il se retira à Bethléem, puis au mont Sinaï 9. Chargé par les moines d’aller recueillir en Occident l’aumône annuelle dont le duc Richard II de Normandie les gratifiait,

1. Mabillon, A. O. S. B., VI saec., p. I a, pp. 155-159 (VI-XIII).

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