Mabillon, A. O. S. B., p. I a, VI sæc., pp
il rencontra à Antioche une bande de pèlerins conduite par Richard, abbé de Sainte-Vanne '. Il éprouva tout de suite pour eux une telle affection qu'il résolut de ne plus les quitter et de se mettre à leur suite 1 2. Arrêté près de Belgrade, il fut séparé de ses compagnons 3 et ce fut tout seul qu’il arriva vers 1027 à Rouen ; le duc Richard II était mort et il n'était plus question d’aumônes pour les monastères de Terre Sainte 4 5. Siméon se rendit alors au monastère de Sainte-Vanne où il retrouva ses compagnons de route, et en particulier le moine Edwin, qui nous a laissé sa vie 3. « Pendant le temps qu'il passa près de nous, dit ce biographe, il vécut toujours d’une manière irréprochable 6 7. » Ces paroles sont bien un brevet d’orthodoxie. Ainsi pensait à son égard Poppo, évêque de Trêves, qui le choisit pour lui servir de guide et de compagnon pendant le voyage qu’il fit à Jérusalem \ De retour en Occident, Poppo combla enfin les vœux de Siméon en lui permettant de choisir l’endroit qui lui plaisait pour y vivre en ermite 8 Siméon s’établit dans une loge de la « Porta Nigra » qui rappelle le séjour des Romains à Trêves. Il y fut muré solennellement par l’évêque, en présence du clergé et du peuple en 1028 9, et il y vécut jusqu’à sa mort, bravant les tentations des démons qui l’assiégeaient et parfois les émeutes du peuple qui, il faut le dire, l’accusait, en sa qualité d’étranger, d’être la cause de tous les fléaux et surtout des inondations 10. Mais la protection de l’évêque ne lui fit jamais défaut et, après la mort du saint,
1. Mabillon, A. O. S. B., p. I a, VI sæc., pp. 374-376, Vie de Richard de Sainte-Vanne, p. 552.