CHAPITRE PREMIER
Poppo obtint du pape l'envoi de légats qui vinrent procéder à sa canonisation et à l’élévation de son corps. Ses nombreux miracles firent vivre sa mémoire parmi le peuple de Trêves \ De même, un monastère flamand, celui de Saint-Amand de Gand, vit arriver un jour, vers l'année 1011, un évêque grec fugitif, Macaire, évêque d’Antioche de Pisidie. Malgré son aspect étranger, « incogniti moris, peregrinæque institutionis 1 2 », il fut accueilli avec la plus grande cordialité et réjouit le monastère par la sainteté de sa conversation 3. Il fit si bien la conquête de ces Flamands en les charmant sans doute par la description des choses d’Orient, qu’ils ne voulurent plus le laisser partir. Désireux de revoir sa patrie, il fit violence à ses hôtes et les quitta. Mais il était trop tard : la maladie le saisit en chemin et il revint mourir au monastère. On pourrait croire qu’à la suite des divergences qui
troublaient les rapports des Eglises d’Orient et d’Occident les moines se montrèrent moins fervents pour sa mémoire. Il n’en fut rien : après sa mort, il fil miracles sur miracles 4 5, à tel point qu'on le regarda comme un saint et qu’il fut cano nisé treize ans après le schisme, en 1067 B. On possède de lui deux biographies : la première, écrite peu de temps après sa mort, sur l’ordre de l’abbé Erembold qui exerça ses fonctions de 998 à 1017, est assez brève et même un peu sèche ; par des scrupules trop rares à son époque, l’auteur nous avertit qu’il préfère la vérité à l’incertitude de la renommée 6. Aussi il ne raconte guère que ce qu’il a pu voir, c’est-à-dire le séjour de saint Macaire au monastère de Gand. Au contraire, une deuxième vie du môme saint, écrite par l’ordre de l’abbé Folbert (1037-1066) au moment de sa canonisation, est beaucoup plus prodigue de détails. L’auteur s’y montre informé