Id., pp. 873 et suiv
6. Id., p. 876 : « Farna incertæ opinionis præstantior est veritas. »
de toutes les circonstances de la vie de saint Macaire, depuis sa merveilleuse éducation à Antioche, jusqu’à son dessein de parcourir le monde et aux miracles de toute sorte qu’il accomplit sur son chemin, de Jérusalem en Germanie' *. Presque tous ces détails sont trop visiblement arrangés pour être authentiques; mais, ce qui nous importe le plus, c’est qu’ils témoignent que le culte de saint Macaire, loin de s’être affaibli durant le xie siècle, s’était, au contraire, développé et
que des moines latins, fidèles à l’Eglise romaine, voyaient en lui non un schismatique, mais un saint.
Enfin, parmi les nombreux pèlerins d’Occident qui s’en allaient, dès cette époque, à Jérusalem et par conséquent avaient des rapports forcés avec le clergé grec de cette ville, en trouvons-nous un seul qui ait refusé de communier avec ce clergé, sous prétexte qu’il était hérétique? Loin de là : dans les archives du midi de la France, il existe une charte par laquelle un seigneur du comté de Rodez, nommé Odile, fonde un monastère en l’honneur du Saint-Sépulcre, à Mauriac. La promesse de cette fondation, il l’a faite, dit la charte, pendant son voyage à Jérusalem, et celui qui a reçu cette promesse n’est autre que le patriarche de Jérusalem, Sophronius, qui, du fond de l’Orient, envoie sa bénédiction à ses futurs frères d’Occident 1 2. Cette charte est datée de l’année 1053, c’est-à-dire de l’année même où commença le schisme, un peu avant l’époque où ce même patriarche allait être sollicité par Michel Cerularius de rompre toute relation avec les Latins.
Les faits qui prouvent la bonne intelligence entre les Grecs et les Latins ne sont donc pas isolés à cette époque ils se produisent sur tous les points du monde chrétien à la fois. Nous avons donc la certitude que si parmi les hauts dignitaires des deux Églises quelques-uns avaient conservé