CHAPITRE II
sincère pour les qualités qui faisaient de Constantin IX un grand séducteur. Un beau visage aux traits réguliers, des attaches fines et des membres gracieux, telles étaient les moindres qualités physiques de l’empereur *. Sa voix était douce et son accent harmonieux, et son sourire semblait enchaîner véritablement ses auditeurs1 2 3 4. Les proportions de son corps étaient admirables ; son visage brillait de mille couleurs, tandis que toute sa peau était d’une blancheur absolue 3. Et chez lui la grâce n’excluait pas la force qui ne se manifestait pas par les dimensions des membres, mais qui venait du plus profond de l’être \ Il n’y avait pas de corps si dur qu’il ne pût briser avec les doigts 5; ceux dont il s’amusait à serrer les bras s’en ressentaient plusieurs jours 6. Ajoutons qu’il était excellent cavalier, qu’il savait courir comme Achille aux pieds légers et qu’il excellait en général à tous les exercices du corps 7. Ces qualités physiques avaient été la cause de sa fortune ; malheureusement, à peine fut-il empereur qu’elles s’évanouirent.
Moins d’un an après son avènement, Constantin IX devint paralytique 8. Tout à coup ses mains, ses pieds et son dos se gonflèrent sous l’influence des rhumatismes, et il ne put bientôt faire le moindre mouvement 9. Ses accès de goutte se succédaient à intervalles réguliers et alors ses mains, autrefois élégantes, se recourbaient; il ne pouvait plus saisir aucun objet. Ses souffrances étaient telles que toute position lui était insupportable et que des hommes placés autour de son lit étaient chargés de le remuer et de le masser de temps