‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 67 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

trouvons en lui de grandes pauvretés. Du témoignage de Psellos et de tous les historiens, il avait l’humeur plaisante et aimait à se divertir *. Mais, à vrai dire, ces divertissements étaient d'un goût plutôt douteux : entendre quelqu’un bégayer était pour lui d’un grand charme 2, et ce qu’il prisait plus que tout au monde, c’étaient les plaisanteries faciles, les jeux de mots et les propos interrompus 3, bref, tous les exercices qui étaient au moyen âge du ressort des bouffons de cour. Lui-même excellait dans ces joutes d’esprit et c’est à ces qualités qu’il avait dû de devenir le favori de l’impératrice Zoé \ Psellos nous raconte que la cour se réunissait en cercle : quelqu’un simulait l’aphonie complète, puis, après des efforts extrêmes, se mettait à bégayer lamentablement s. Ce fut grâce à son habileté dans ces exercices qu'un certain Romain, Boïlas, devint le favori de l’empereur . il avait fait sa conquête en jouant au doigt mouillé ; désormais, Constantin voulut l’avoir constamment auprès de lui et l’admit dans ses conseils les plus secrets 6.

Ce prince, occupé de pensées aussi futiles, était-il bien le même qui honorait la philosophie dans la personne de Psellos et méritait-il bien l’épithète de « très philosophe » que son ami lui attribue dans sa reconnaissance 1 ? Il est vrai qu’il choisit des savants comme ministres et nomma Psellos prince des philosophes 8. Mais si l’on veut aller au fond des choses, il suffit d’en appeler de Psellos à Psellos lui-même. « L’empereur, nous dit-il, ne se plaisait pas aux discours harmonieux, il n’appréciait ni une voix juste, ni même une danse mimée 9. » Sans être un ignorant, Constantin IX ne

1. Psellos, t. I, p. 170 : « 'IXapiv elyev 6 aùtoxpâ-tiop itpci; iràaotv itatStav tfy

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