Psellos, t. I, p
devait pas être un grand lettré et il fait dans l’histoire pauvre figure à côté d’un Léon VI ou même d’un Constantin Porphyrogénète.
Constantin IX était donc mal disposé à prendre parti dans les querelles théologiques qui agitèrent son règne ; il ne devait en voir que les conséquences politiques. Sa dévotion était d’ailleurs très grande, mais très mesquine et voisine de la plus ridicule superstition. Par deux fois, il n’osa violer les canons relatifs au mariage. Simple particulier, il n’osa epouser Sclérène 1 ; empereur, il appréhenda de se marier une quatrième fois en couronnant impératrice une jeune Alaine dont il avait fait sa favorite 2 ; mais il n’eut pas les mêmes scrupules lorsqu'il s’agit d’épouser Zoé et de gagner ainsi la couronne. Pscllos raconte de lui des traits qui annoncent un sentiment religieux très vif et une résignation toute chrétienne. Au plus fort de la terrible maladie qui le rendit impotent pour le reste de ses jours, il ne lança jamais contre Dieu le moindre blasphème ; bien au contraire, il aimait à dire que cette maladie lui avait été envoyée par la Providence afin de mettre un frein à ses passions 3. Pendant son sommeil il ne voulait pas avoir de gardes dans son appartement et disait que, puisqu’il régnait par la grâce de Dieu, toute sauvegarde humaine lui était inutile \ De tels sentiments sont honorables, encore qu’ils démontrent une sorte d’indifférence et de laisser-aller qui ressemble beaucoup à du fatalisme ; mais que dire des excès ridicules auxquels l’entraînaient ses sentiments superstitieux? Une des colonnes en bois qui supportait le tombeau de l’impératrice Zoé s’étant fendue, l’humidité y développa un petit champignon : à cette nouvelle, Constantin IX, plein d’enthousiasme, cria au miracle et y vit une preuve irrécusable que l’âme de Zoé était désormais au nombre des anges 5.