‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 80 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

plus loin ses études et ni la métaphysique ni la physique ne lui furent étrangères. Il étudia même avec soin la géométrie et l’astronomie \ Les deux frères rivalisaient dans leurs exercices scolaires qui consistaient principalement dans des compositions de style où ils avaient à raconter des vies de saints et de personnages illustres, en y ajoutant leurs réflexions personnelles 1 2. Dans une lettre adressée plus tard par Psellos aux neveux du patriarche, il fait un touchant tableau de l’amitié qui unissait les deux frères. Il y avait entre eux, dit-il, une affectueuse émulation ; « ils étaient mutuellement leurs propres vainqueurs et il n’existait entre eux aucun intervalle 3 4 5 » ; « mais si l’un d’eux recevait des louanges, il rougissait en voyant que son frère n’en avait pas aussi sa part \ » Psellos avoue d’ailleurs, dans la même lettre, qu’il y avait, entre l’esprit des deux frères, des différences essentielles. « Dans mes fréquents rapports avec lui, dit-il en parlant du père de ses disciples, j’étais saisi d’admiration pour sa figure, de respect pour son caractère, et j’appréciais l’enjouement qui rehaussait la profondeur de son esprit. Notre vénérable patriarche — surtout n’allez pas lui dénoncer mes paroles — montra dès sa jeunesse un esprit solitaire ; apte aux méditations politiques, il annonçait déjà ce qu’il serait un jour : il n’eut qu’à suivre les penchants de son caractère. Son frère, au contraire — nul ne pouvait égaler son intelligence ou la facilité de sa parole — sacrifiait aux Muses et aux Grâces; ami de la bonne culture, il charmait l’âme de sa conversation et il suffisait de voir son visage pour deviner l’âme qui l’accompagnait B. »

Mais déjà Michel Cerularius se sentait attiré vers une autre vocation : il ne trouva pas, comme Psellos, dans la philosophie une base solide pour la conduite de la vie. « La morale,

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