CHAPITRE II
ce caractère si ferme qui différait tellement du sien. De plus, il savait nombreux les admirateurs du nouveau ministre : ses actes, nous dit Psellos, ne furent même pas attaqués par la calomnie, ce qui devait être rare à Byzance. Tous lui témoignaient le même respect que l’empereur et approuvaient toutes ses mesures \
Ce passage au pouvoir ne dura que quelques mois, Michel Cerularius devint populaire à Byzance et la brièveté même de son gouvernement l’empêcha de succomber aux causes d'usure qui ruinent le crédit des hommes d’Etat. Dans ce court espace de temps, il parvint à compléter son éducation politique et il recueillit plus tard les fruits de la popularité qu’il avait si vite conquise.
Tels sont les renseignements les plus certains que nous trouvions dans Y Oraison funèbre de Michel Cerularius. Les autres historiens ne donnent aucun détail sur son gouvernement, peut-être parce que son influence était plus occulte qu’officielle et que ses fonctions le laissaient en dehors de la hiérarchie. Dans son réquisitoire, Psellos insinue seulement qu’il cessa de mener, pendant cette période, la vie d’un ascète, « àvaTX7)Tov xpiêomov 2 ». Faut-il en conclure qu’il abandonna la robe de moine qu’il avait été contraint d’accepter? Y Oraison funèbre dit formellement le contraire, puisque ce fut ce funeste habit qui empêcha l’empereur de donner à Michel un rang dans la hiérarchie 1 2 3. Il est plus probable que Psellos, à qui les contradictions ne coûtaient guère, reproche à Michel Cerularius, dans son réquisitoire, de s’être occupé des choses temporelles, tandis qu’il lui en fait un mérite dans son Oraison funèbre.
Enfin , une chronique anonyme du xme siècle employé l’expression de « pova-^ôç » pour le désigner au moment de son élection 4. Bien plus, la même chronique affirme en un
1. Psellos, I, Orais. fun., p. 325 : « 'Tite^tipriffav aÙTOÜ S-ôp.iravTSî. »