An. Syn . Chron., p
vivante 1 agitation qui s’empara des esprits à Byzance lorsqu’il fallut donner un successeur au patriarche Alexis. Dès que la nouvelle de sa mort fut connue, on mit en avant un certain nombre de noms qui paraissaient destinés au trône patriarcal \ Des coteries se formèrent en faveur de tel ou tel. Les uns préconisaient un homme renommé pour sa vertu; les autres parlaient pour leurs parents et leurs amis 1 2 L’empereur, au contraire, ne tenait aucun compte de ces opinions et, sans examiner les titres des divers candidats, « comme la flèche va droit au but », il ne songea qu’à Michel Cerularius 3. Son dessein fut encore confirmé par des songes : aussi, sans hésiter, il fit appeler Michel, comme pour le consulter sur le mérite d’autrui, et lui offrit à l’improviste le trône patriarcal 4.
Quelle véracité faut-il attribuer à la scène que raconte ensuite Psellos? Est-il vrai que cette proposition bouleverse tellement Michel Cerularius qu'il refusa d’abord tout net le patriarcat? Doit-on croire que l’empereur fut obligé de combattre pied à pied ses objections et que, sans s’attacher à le faire revenir sur son refus, il détruisit par des raisonnements subtils tous les motifs invoqués en faveur de ce refus, si bien qu’à la fin sa ténacité eut raison des résolutions de Michel Cerularius? Est-il certain que, même après cette discussion, le nouveau patriarche ne donna son consentement qu’à contre-cœur 5? La scène est trop belle pour ne pas avoir été arrangée et de pareils entretiens sont trop secrets pour être transmis fidèlement, même de nos jours, à la postérité. Ce qui est certain, c’est que Michel Cerularius finit par accepter le patriarcat et qu’aussitôt la décision de l’empereur connue, son intronisation eut lieu.