‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 97 sur 324 · An. Syn. Chrun.. (Sathas, t. VII, pp · texte numérisé non relu

An. Syn. Chrun.. (Sathas, t. VII, pp

empereur Constantin Ducas. Il n’est pas douteux que ce soit ce mariage, célébré peut-être dans la propre demeure du patriarche, qui ait si fort scandalisé Psellos, alors que, quelques années plus tard, il devait en vanter l’éclat dans son Oraison funèbre *. Il est, d’ailleurs, certain que cette alliance donnait au patriarche un point d’appui solide dans la haute société de Constantinople. A sa famille proprement dite devaient se joindre des alliés et des amis qui formaient autour de lui comme une sorte de bataillon sacré et dont l influence occulte ou manifeste devait être pour lui d’une grande importance dans les principaux événements de son pontificat.

Au milieu de cet entourage, le patriarche ne menait pas une vie purement ascétique. Il semble qu’une fois à Sainte- Sophie, il ait continué comme par le passé à allier, comme le faisaient la plupart des Byzantins, la vie religieuse à la vie mondaine. Un patriarche n’était pas alors obligé de vivre comme un moine : n’avons-nous pas vu que le patriarche Alexis avait passé son pontificat à amasser l’immense trésor qui devint la proie de Constantin Monomaque? Il faut donc ajouter foi, dans une certaine mesure, aux détails que Psellos nous donne dans son réquisitoire sur la vie de Michel Cerularius; mais nous n’oublierons pas non plus qu’obligé de trouver tout détestable dans cette vie, il s’est laissé entraîner à répandre une couleur de crime sur les actes les plus innocents et les plus vulgaires. Ces réserves faites, le tableau qu’il trace jette un jour curieux sur la manière de vivre d’un patriarche byzantin au xic siècle.

Chaque matin, dit-il, une véritable armée venait assiéger son palais. « Tous frappaient à la porte l’un après l'autre et ils entraient aussitôt. C’était un marchand de fards; puis, un artiste en tout genre; puis, un marchand d’aromates, un porteur d’eau, un repasseur de couteaux, un pâtissier, un orfèvre. Celui-ci est expert en pierres précieuses ; cet autre exhibe quelque autre chose. C’est une coupe de cristal dia-

1. Psellos, I, Orais. fun., pp. 380-381 ; — Mich. d’Attalie, p. 56 (14).

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