‹ Le seau enlevéChapitre 12 sur 40 · DE LA LITTÉRATURE ITALIENNE XXVU · texte numérisé non relu

DE LA LITTÉRATURE ITALIENNE XXVU

Le Seau Enlevé et le Lutrin ùoivenl-ils èU-e confondus et regardés chacun comme eufanl d'un même genre? On l'a cru à tort, à notre avis. Dans le iu(rm, leur dirons-nous avec Creuzé de Lesser, ou ne ^'oit que de petits événements racontés souvent avec emphase ; dans le Seau Enlevé, une très-petite c'ause fait naître de givmds événements, toujours racontés d'une manière proportionnée. Certes, si le poëte a lieu d'être plus satisfait de l'exécution du Lutrin, l'idée du Seau Enlevé doit bien autrement plaire au pliilosophe. Sous un titr^ fort léger et une surface assez riante, ce dernier poëme renferme un fond sérieux ; c'est un apologue ingénieux, dont la morale est quelquefois exprimée et est toujours sous-entendue. Tassoni, «ssez heureux pour avoir eu une telle idée, n'en a pas peut-être tiré un parti assez piquant; on dirait presque qu'il a passé à côté d'elle sans la reconaaître. Car, loin de faire ressortir celtô fureur qui porte les hommes à se déchirer pour les causes les plus futiles, le seau qui défait lui servir à cela est, après son premier cLjnt, totalement oublié jusqu'à la fin de son douzième, où ii n'en dit qu'un mot.

Nous avons dit le pour, nous avons dit le contre : à chacun de juger avec ses propres sentiments. Peut-être Irouvera-t-on que nous atons été indulgent dans la critique, aveugle dans l'éloge. Nous répondrons avec Cicéron et Térence : Quoi homines, toi senieatLœ.

Notre Iraduction. —Quoi qu'il en soit du bien et du mal qu'on puisse ou qu'on veuille dire, à tort ou à raison, de la Secchia UapUa, toujours est-il que cet ouvrage a joui d'une grande réputation et la conserve encore. Le texte italien a été imprimé diverses fois et en différents lieux. Il parut d'abord, comme nous l'avons dit, à Paris en 1G22, où Tassoni, après des difficultés intiuijs, parvint à le faii\; iiiipriiiior ; no voulaul pas alors

qu'il parût sous son nom, il le publia sous lo nom sup-

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posé d'Androvinci Melisone. Ce poëme eut alors en Italie un succès qu'il dut en partie à la grande quantité dallusions et de satires qu'il contient, et qui étaient alors pour les Italiens autant de beautés qui ont perdu, comme nous l'avons dit déjà, leur sel aujourd'hui, surtout pour des étrangers. Le p pe Urbain VID qui à l'occasion de la Secchia Rapita avait rendu ses bonnes grâces à Tassoni, signala bien, de sa main même, quelques mois et quelques phrases dont Sa Sainteté désirait la suppression ; de ce nombre étaieni les mots TeDeum; Tassoni se contenta de faire mettre des cartons à une vingtaine d'exemplaires qu'il présenta au pape, et l'ouvrage se débita sans qu'il y eût rien de changé. Le nom supposé de Melisone permit quelque temps de l'attribuer à diverses personnes. Le titre de cette première édition étûit fort simple, car il ne portait que celui de la Secchia. mais en 1652 il fut imprimé à Ronciglione, où l'auteur fit mettre son nom de Tassoni, ajoutant au titre le mot Tiapita, et depuis il a toujours porté ce titre la Secchia RjpUa. Les exemplaires de la première édition avaient été loin d'être suffisants pour contenter la curiosité publique; ou se les arrachait des mains, ainsi que nous l'apprend Sio. BaplistaBrugiotti, éditeur de la seconde édition, dans sa lettre à Antoine Barberin, neveu du pape UrL,':in YIII, à qui il la dédie. En cette seconde é'iilion, Tassoni changea en divers endroits son poëme et y ajoutj même plusieurs stances, en sorte que la première édition de Paris n'est plus la même ni la véritable, mais bi'.-n cette seconde, d'après laquelle ont été faites toutes celles qui ont été données depuis, soit à Bolo.giie, Modène, Venise, Paris et autres, qui toutes sont, à trèspeu de chose près, conformes à celle de Ronciglione. Pierre Perrault, dans le texte qui accompagne sa traduction, a suivi l'édition de Ronciglione .- de Cédors a donné, lui, celle de Paris, ajoutant cinq ou six stancei

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