‹ Le seau enlevéChapitre 2 sur 40 · NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR TASSONI · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR TASSONI

Alexandre Tassoni, et non le Tassoni, comme plusieurs l'oiil nommé à tort, naquit le 2S septembre 1565, à Modène, et non à Bologne, où le lait naître P. Perrault dans ses remarques A propos de la première stance du premier chant de sa traduction de la Secchia Rapita.

Issu d'une famille noble, fort ancienne, ruinée par des procès, Tassoni fut, presque dès son berceau, orrhelin et abandonné de ses parents , qui ne lui laissèrent pour ainsi dire rien. Il fit ses éludes à Bologne et y fut reçu docteur. Bientôt, ennuyé du séjour de celte ville, il la quitta et s'en fut à Rome chercher fortune,

A Rome, la fortune sembla lui sourire; en 1599, il y obtient la place de premier secrétaire du cardinal Ascagne Colonne, qui l'emmène avec lui en Espagne. Déclaré vice-roi d'Aragon, le cardinal renvoie Tassoni à Rome, afin de solliciter du pape Clément VIII son agrément pour occuper celle place. Mis à même de connaître Tassoni, le Souverain-Pontife, dans sa réponse au cardinal, lui fait l'éloge le plus flatteur de son secrétaire, qu'il a re<^u avec le plus vif plaisir, Tassoni, fier d'avoir été distingué par le Sainl-Pèro, prit sur-le-champ la ton-iii';

dans l'espérance d'arriver à quelques dignités ecclésiastiques, ou tout au moins à un bénéfice ; il ne paryint point aux premières et n'obtint jamais de bénéfices.

En 1600, Tassoni se fait recevoir, à Rome, à l'académie des Humoristes, oîi il est surnommé // Bisquardo.

En 1603, le cardinal Colonne renvoie à Rome Tassoni avec six cents écus d'or de pension, lui confiant en outre l'administration de tous ses biens. Toutefois, il semble qu'au bout de quelques années il se brouilla avec ce cardinal, son bienfaiteur, et aussi avec les Espagnols, car on le foit écrire des libelles sanglants, intitulés Philippiques. Mais son audace lui coûta cher. La rancune de la nation espagnole le poursuivit jusqu'en Savoie, où le duc Charles-Emmanuel, dit le Grand, l'avait appelé à Turin, 1618, pour en faire son secrétaire,-, des envieux l'ayant desservi auprès de ce prince, il n'obtint point cet emploi. Dans l'espérance de réussir, il avait dédié à Charles-Emmanuel son poëme la Secchia Rapita, composé exprès et en six mois. Bien que protégé par les Français à la cour de Savoie, la vengeance espagnole l'y avait suivi, et toutes ses démarches furent vaines, et, comme nous venons de le dire, il échoua. Il cherche alors à sa consoler par la poésie, et il s'occupe à mettre la dernière main à la Secchia Rapita. Mais, bientôt attaqué dans deux libelles, dont l'auteur se trouve être le secrétaire du comte de Culagne, l'irascible Tassoni voulut avoir vengeance de ces écrits ; n'ayant pu l'obtenir, il résolut de la tirer lui-même, et, dédaignant le valet, il s'attaqua au maître. « Si Dieu me prête vie, écrivit-il alors en parlant du comte, je lui ferai voir qu'il eût mieux valu pour lui avoir affaire au diable; » et, pourle lui prouver, il ajoute

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