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CHANT SEPTIEME

Stance XVI. — « Roland est mort. » — Dans l'Arioste, le roi Agrican, qui se battait avec Roland, voyant ceux de sou parti prendre la fuite, pria Rolland de lui permettre de les poursuivre pour tâcher de les rallier, lui promettant qu'après il viendrait recommencer le combat avec lui. Roland y consentit.

Stance XXI. — « En ce jour mémorable Voluce fit maints prodiges... sous les coups de son bras trente marquis... Un certain seigneur qui en tirait profit. » — Tassoni e'crivait au chanoine Sassi : « Certain prince de Macédoine a donné aux Brusantins le titre de

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marquis, in partibus infidclium. Je ne sais point encore le nom de ces marquisats, ni dans quel pays du Turc ils sont enclavés. Tout ce que je puis vous dire, c'est qu'ils ne coûtent aux acheteurs que la valeur d'un jambon. »

Stance XXV. — « Duara s'est fait remarquer... par sa mag-nificence. » — Notre poëte châtie durem-ent Duara qui, pour un soldat, avait trop de soin de sa parure. Ce fut cependant un des plus braves capitaines de son temps. Aidé par Azon d'Est et Hubert Pallavicini il défit complètement, en 1259, le tyran Ezzelin. Duara ayant été fait prisonnier par les Bjlonais fat g^ardépareux deux ans et ne recouvra sa liberté que sur la demande d'Innocent IV; lorsque ce Pape, en quittant Lyon, passa par Boloorne pour retourner à Rome.

Stance XXXI. — « Une main dont tu ne te méfies pas. » — Alexis de Pazan avait prédit à Malateste qu'il mourrait de la main de son frère. Ainsi, dans Homère, Patrocle prédit à Hector sa mort prochaine et Hector prédit celle d'Achille. Les anciens philosophes, Platon entre autres, disaient que l'âme, prête à se dégager des liens du corps, faisait plus librement ses fonctions et lisait dans l'avenir. î»îalateste, qui ne savait rien de tout cela, prit le Pazan pour un fou, ou pour un de ces poëtes agités par une folle imagination qui se mêlent de prophétiser.

Staxce XXXA'. — « Betto, Vice... » — Tous Bolonais : tous noms abrég-és de familles de distinction. Plusieurs surent d'abord trèsmauvais gré à Tassoni d'avoir mis leurs noms dans son poëme; il les en 'retrancha, ce qui plus tard les contraria fort.

Stance XXXIX. — « Là, deux peuples. » — En l'année 1602 commencèrent entre les Lucquois et le duc de Modène des démêlés à i'oc-

casion de certaines terres sur lesquelles la ville de Lucques élevait des droits. Le roi d'Espap-ne éteignit ces premières étincelles, mais elles se ranimèrent bientôt, et de part et d'autre on assiégea, on prit, on incendia plusieurs villages et petits forts. L'Espagne apaisa et arrangea encore ces disputes. On discuta à Vienne les prétentions des Lucquois sur la vallée de Garfagnane; elles furent trouvées nulles et déclarées telles, en 1618, par un décret que fit publier l'empereur.

Staxce XL. — <• Que d'écorces de châtaignes.» — « A l'égard de cette vengeance montagnarde, écrivait Tassoni à Jean-Baptiste Milani, son ami, je ne l'approuve pas, et ne l'entends approuver de personne. Prendre une ville d'assaut, la piller, c'est le droit de la guerre; mais couper les vignes, écorcer ies arbres, sont des actes de brigandage. Vous médirez que les Lucquois ont été les premiers à introduire cette manière honteuse de iaire la guerre. Leur conduite n'excuse point la vôtre. Je voudrais qu'ils apprissent de nous à se comporter en gens d'honneur, et non point que nous apprissions d'eux à faire le métier de bandits. Vous avez mis le siège devant Chastillon, j'espère que par la prise de cette place vous effacerez le surnom d'écorceur de châtaigners, dont vous qualifiez la cour de Rome. »

Stance XLIL — « Chastillon battu. «—Cette 'orteresse, vivement pressée par le prince Al- .honse, était sur le point d'être prise lorsque ;-s Lucquois supplièrent le comte Biglia d'y .ccourir et d'en prendre possession au nom du roi d'Espagne.

Stan'ce XLIII. — « Une protestation Espagnolissime. • — Comme protecteur de la république de Lucques, si le roi d'Espagne eût laissé prendre Chastillon, sa gloire en eut

souffert. Aussi dés que le comte Big]ia, dé» pêche par le .trouvernement de Milan, fut entré dans la ville, il déploya l'étendard du roi d'Espagne prenant possession de cette forteresse au nom du roi son maître. Piqué vivement de ce procédé espagnol, Tassoni dit dans une de ses lettres qu'il eût fallu que les Modénais se souvinssent de Fulvius Flaccus. Le Sénat avait fait partir un courrier avec des ordres, pour ce général, de pardonner aux habitants de Capoue. Il commença par les faire décapiter, puis lut après les* lettres du Sénat.

Stance XLIV. —«La belle Iris. » — Elle est, selon la Fable, messagère de Junon. Iris signifie arc-en-ciel. Les anciens voulaient marquer par là qu'elle annonce les changements de l'air, dont Junon est déesse.

Stance XLIX. — « L'armée modénaise... se ralentissant. » — Semper Ajax fortis, fortissimus tamen in furore; Ajax est toujours brave, surtout quand il est en colère.

Stance LL — « Là, au peuple étonné. » — Léandre Alberti dit que les Modénais, ayant appris cette déroute, furent tellement saisis, qu'ils ne savaient quel parti prendre.

Stance LII. — « Se retire sur l'heure à la tour. » — C'est ce que fit, en 1224, une des deux factions qui divisaient Modéne.

Stance LUI. — « Je voudrais que nous fissions creuser un puits. «—C'est un stratagème dont on s'est souvent servi dans les villes assiégées. Mais le danger pressait trop à Modène pour qu'on pfit faire usage de l'expédient de Maniredi.

Stance LIV. — « Moitié de notre ville est encombrée de sales immondices ; ramassonsles... » — Pétrone, dont Tassoni s'est sans doute souvenu, fait tenir un conseil dont tous les membres disputent à aui donnera l'avis le

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