CHANT HUITIEME
Sta:^ge IV. — • Vive Ferrare, gare ! gare !— Il y a dans le texte Guardai, Guardai, en
iiiiome ferra rais.
Stance VIII. — « Le huitième ciel. » — Ptol('raée dans son système en a imaginé dix, roulés les uns sur les autres comme les peaux (l'un oignon. Tassoni était fort Pvrrhonien sur tout ce qui se passe au-dessus de notre tète.
S r ANGE XIV. — « La haute tour des Asi-
nelli. » — La structure de la ville de Bologne ressemble à celle d'un vaisseau. Dans le milieu est la tour des Asinelli, fort droite et fort liaute ; on rappelle le mât du navire.
Stance XV. — «Déjà la jeune et belle maîtresse. » — Tassoni a su donner des descriptions varie'es du soleil, de l'aurore et de la nuit, nïmitant, comme dans toutes ses autres descriptions, aucuns de ses devanciers.
Stance XIX. -- « Si Pierre le magicien. » -- Médecin célèbre natif d'Abano. Il y a des auteurs qui lont accusé de magie ; il vivait dans le quatorzième siècle. On voit dans Abano des bains fort estimés, autour desquels Théodoric, roi des Ostrogotbs, fit bâtir de beaux édifices.
Stance XXII. — « Le quatrième est Ingelfredo. >> — Ingelfredo était d'une assez basse extraction. Ezzelin, à qui il avait su plaire, en fit un de ses premiers ministres. Des personnages qui se disaient descendre d'Ingelfredo s'étant plaint de notre poëte, Tassoni répondit qu'ils avaient tort, puisqu'il leur donnait quatre cents ans de noblesse.
Stance XXIV. — « Merlin Cocaio. » — Le personnage que Tassoni a baptisé du nom de Merlin Cocaio, s'appelait Théophile Folengo, était bénédictin et vivait dans le seizième siècle. Il fit des vers latins entremêlés d'italien et les nomma Macarons, d'où est venu l'appellation de style macaronique.^lâis les religieux, qui ne donnaient point dans les plaisanteries de Merlin, lui suscitèrent mille tracasseries ; Ferrand de Gonzague l'ayant pris sous sa protection, il se retij'a au monastère de Sainte-Croix-de-Campége, où il vécut et mourut paisiblement en 1544 ; on lui éleva im mausolée superbe. Folengo, sous le pseudonyme de Mcrlino Ceccaio, publia, en dix-sept livres, des poésies intitulées : Macaronée ou
Tlat de macaroni. Ces poésies sont estimées et pour le style et pour l'invention ; les épisodes qui se trouvent dans l'histoire de Baldus, le héros du poëme, sont assez agréables. Folengo était de Mantoue, mais il se disait de Cipada, petit bourg prés de la ville. Ce poète a célébré les monts de Cofragne, d'où est venu le nom. de pays de Cocagne, pour dire un pays de délices.
Sta>-ce XXVI.—aPolverara.»— Les poules de Polverara, trés-estimées dans toute l'Italie, sont extrêmement grosses, fécondes et d'un très-beau pluiTiage.
Stance XXX — * Le fameux étendard de Teolo. » — Teolo, petit village dans le Padouan, où naquit, selon quelques auteurs, la mère de Tite-Llve.
Stance XXXIIL « Où repose Pétrarque. » — Conune on le voit par l'éloge que fait ici Tassoni de Pétrarque, il faisait grand cas de ce poète, et dans ses critiques il n'a voulu attaquer en lui que les choses qui déplaisent à tous les gens de goût.
Stance XXXVIL— « Où Begotto a chanté. » — Begotto et Menone furent deux esprits singuliers du seizième siècle ; ils composèrent plusieurs pièces de vers en idiome rustique padouan ; l'un s'y représente amoureux d'une certaine Babetce, et l'autre d'une Tiennette.
Stance XXXVIIL — « Pour garder... des Sarrasins armés. » — Ezzelin ne voulait pour gardes du corps de sa personne aucun Italien, aussi avait-il à sa solde toujours un g-rand nombre de Sarrasins qui veillaient sur luL C'est là le motif qui fait que, dans son poëme, Tassoni environne de Sarrasins le capitaine Euriméàon, qu'il fait parent d'Ezzelin.
Stance XL. — * Les uns de macarons, l^s autres de biscuits. » — Sorte de mets fait avec de la pùte et du fromage.
Stance XLV. — « L'aveugrle Scarpinel. ■ -^ L'aveugle Scarpinel est le Paul Teggia dont nous avons déjà parlé dans ces notes, au chant VI, stance XVII.
Stance L. — « Les aimables sœurs, filles d'Atlas. » — Les pléiades, ce sont les étoiles qui forment la constellation du Taureau, et qui ont été nommées par les poètes : filles d'Atlas.
Stance LXIII. — « Va chanter aux femmes débauchées et perdues. » — Il y a dans le texte italien : a le putane; nous croyons avoir conservé toute l'énergie de ^expression de i'auteur sans choquer les oreilles françaises.
Stance LXIV. — « La gloire de Zénobié. • — > Reine de Palmyre, d'une grande beauté et remplie d'esprit, de douceur, de courage et d'érudition. Endurcie aux fatigues de la jjuerre, elle marchait souvent à pied à la tête de ses troupes. Par sa bravoure elle rendit son mari Odenat maître de l'Orient. Vaincue par Aurélien, elle fut menée à Rome, où elle mourut.
Stance LXV. — «.Ils burent à sept... une pleine barrique de vin. » — Les principales circonstances de cette aventure se trouvent dans Tite-Live.
Stance LXVIII. — * Le mont Palatin. » — Une des sept montagnes de Rome, ainsi nommée de Palantia, femme de Latinus. Sur ce mont était le palais des rois; de là vient le nom de palais pour les maisons des princes.