‹ Le seau enlevéChapitre 38 sur 40 · CHANT NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHANT NEUVIÈME

Stance VIII. — « Le combat de Martan. » — Martan est dans l'Arioste le plus fameux héros de la poltronnerie. Il était connu pour tel à la cour de Damas. Pour en imposer, il r^

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Têtit un jour les armes de Griffon, qu'il avait dérobées, et recueillit des hommages. Griffon, couvert de l'armure de Martan, qu'il avait été forcé d'endosser n'en trouvant point d'autres, n'essuya que des railleries.

Stance XII. — « Ses toiles incombustibles. » — Pline parle de ce lin dont on faisait des toiles que l'on jetait dans le feu quand on voulait les blanchir. C'étaient des tissus faits de fils d'amiante.

Stance XIV. — « Un poëte... dirait d'eux des mouches dans du lait. » — Tassoni raille ici le poëte Marini qui dans son poëme d'Adonis compare, nous ne savons plus quelle chose, à une mouche dans du lait. Ce Marini, dit le Cavalier marin, était né à Naples en 1569; il fut reçu en France par la reine Marie de Médicis, qui lui fit une pension et le combla de préserïs. Ce fut à Pans qu'il publia son poëme û* Adonis, qui eut un grand succès à son apparition. Il passa ses dernières années à Naples où il mourut en 1625. Ce poëte a de l'imagination, mais il abuse de son esprit et prodigue les pointes et les concetti. Les Italiens font aujourd'hui moins de cas de son Adonis que nous n'en faisons de la Puœlle du vieux Chapelain.

Stancf XXV. — « Sa lance se rompant. » — Cet accident arriva dans Modéne au comte Hippolyte Livizani, qui voulut, pour l'amour des dames, rompre une lance contre Alphonse Molza. Cette aventure a beaucoup de rapport avec celle de Henri II, roi de France.

Stance LUI. — « Il sort un âne. » — Le tableau est hideux, mais il est de main de maître. Ne condamnons point Tassoni, si nous ne voulons faire le procès à Homère et à \ir-

file. Le Poljphème du premier, les Harpies u second, nul ne le niera, présentent d'horribles images.

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Staxce LXV. — « Une dent de saint Géminant. « — A propos de dent, les habitants du Malabar et de Ceylan estimaient d'un si grand prix celle d'un singe qu'ils conservaient depuis très- longtemps, qu'ils offrirent aux Espagnols, qui la brûlèrent, sept cent mille ducats pour la ravoir.

Staxce LXXIII. — « Défendit Montetortore. »

— On a vu, dans ]e troisième chant (stance LVIl), comment il défendit Montetortore. Tassoni met sur le compte de don Phlégéton ce qui doit revenir au comte de Culagne.

— «Ecrivit des dialogues. » — Le comte Brusantin de Culagne a composé des dialogues sur la façon de se conduire dans le monde.

Stanxe LXX VI. — « La rive droite du fleuve. » -* C'est le côté de l'armée modénaise.

Staxce LXXVIL — « Les Aigoni. » — Dans Modène, les Aigoni et les Grasolfi formaient deux factions. Les Grasolâ suivaient le parti de l'Empereur ; devenus les plus forts^ ils chassèrent les Aigoni.

— « Un trésor. » —Le peuple croit que dans un lieu souterrain du mont Yalestra est un trésor gardé par les démons, et que le comte de Culagne, qui voulut y entrer, dans le dessein de piller ce trésor, fut bâtonné par les diables.

Stance LXXXIL — « Culagne... tire Tépée.»

— Il n'y a point de plus grande marque de poltronnerie que de faire le méchant contre des gens dont on n'a rien à craindre. On voit à ce sujet, dans Boccace, les preuves de valeur que donnait maître Simon quand il allait aux écoles.

Staxce LXXXIII. — « Bonsoir et bonne nuit, comte. » — Tassoni, dans ce neuvième chant, a voulu tourner en ridicule le tournoi qui fut donné à Ferrare en 1620, en présence

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