‹ Le seau enlevéChapitre 7 sur 40 · XVÎII LE SE AD ENLEVÉ · texte numérisé non relu

XVÎII LE SE AD ENLEVÉ

Observations. — Pour se forrcor une idée du poème de la Secchia Ropita, ù est bon de savoir et connaître les circonstances où il parut et la manière dont il fut accueilli.

Libre dads sa façon de penser, Tassoni ayait censuré Homère et ridiculisé Pétrarque : les Daciers d'Italie s'étaient acharnés contre lui, et les amateurs du tendre l'affichaient comme un bourra. Tassoni ne se piquait pas d'être philosophe au milieu des injures. Quand on l'at' laquait, nous dit Muratori, Tassoni arborait d'abord ie drapeau blanc, en signe de pardon général : puis le drapeau rouge, indiquan" qu'il voulait la iûort de ceux qui s'étaient armés contre lai ; le drapeau noir annonçait qu'il voulait tout exlermiaer. Notre poëte, plus redoutable qu'Archiloque, se -fengeait par des réponses sanglantes. Pendant ce temps, Tassoni ne cessait de travailler à l'immortalité d'un seau, et dès que son poëme parut, l'auteur n'eut plus d'adversaires : son ingénieux ouvrage eut le sort du Lutrin et de Ver-Vert, il fut jugé par les connaisseurs un des beaux monuments de la langue italienne.

Sujet du poème. — Ce qui a donné naissance au Seau Enlevé et ce qni en fait le sujet , ce sont les démêlés de l'empereur d'Allemagne, Frédéric H, avec tous les papes ses contemporains, de 1197 à l-2::0, plus d'un demi-siècle. L'Italie et même l'Europe furent, dans ces circonstances, partagées entre ces deux puissances : mais c'est dans les belles contrées de la Lombardie que furent le plus vivement embrassées les querelles de ces souverains et que l'on se battit avec l'acharnement le plus destructeur. Les papistes s'appelaient Guelfes, les impériaux Ghibeilins. Alors le genre humain semblait s'être partagé en deux espèces, dont l'une ne reconnaissait plus l'autre. ?i y avait cependant des trêves que l'épuisement et le malheur provoquaient par intervalles- C'est l'une de ces

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