‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 107 sur 132 · Emile Ollivier. L'Empire libéral, t. 9, p · texte numérisé non relu

Emile Ollivier. L'Empire libéral, t. 9, p

2. « Cette session sera spécialement employée à l'examen des lois dont j'ai pris l'initiative au mois de janvier dernier. Le temps écoulé n’a pas changé mes convictions sur l'utilité de ces réformes. Sans doute l'exercice de ces libertés nouvelles expose les esprits à des entraînements et à des excitations nombreuses, mais je compte à la fois pour les rendre impuissantes, sur le bon sens du pays, le progrès des mœurs publiques, la fermeté de la répression, l'énergie et l'autorité du pouvoir. Poursuivons donc l'œuvre que nous avons entreprise ensemble. Depuis quinze ans notre pensée a été la même, maintenir au-dessus des controverses et des passions hostiles nos lois fondamentales que le suffrage universel a sanctionnées, mais en même temps développer les

institutions libérales sans affaiblir le principe d'autorité. »

mer et de les défendre, il risquait de laisser sa popularité s’affaiblir au profit des dissidents. A l’occasion du 19 janvier 1868, les journaux de l'opposition avaient célébré l'anniversaire de la léttre impériale par des épigrammes, car aucune des réformes relatives au régime de la presse ou au régime des réunions qui avaient été annoncées n'avait été discutée (1).

Le ministère pouvait aussi être effrayé des progrès de l'influence politique de l’Internationale dans les milieux ouvriers En pleine évolution communiste, surtout à la suite du Congrès de Lausanne (septembre 1867), et des premières poursuites intentées à leur bureau de Paris (décembre 1867), les internationaux répandaient moins dans les ateliers les théories mutuellistes, — peu attirantes pour la masse des ouvriers puisqu'elles ne promettent, par la coopération et l’association, qu’un progrès lent dont la condition est le perfectionnement moral des individus, — que les théories communistes, plus faciles à comprendre dans leur apparente simplicité, promettant une amélioration radicale et immédiate, et dont le souvenir avait sans cesse persisté. Mais surtout l’influence des internationaux était devenue plus menaçante pour l’Empire depuis qu’ils avaient cessé de se tenir en dehors des luttes politiques, depuis qu'ils avaient voté, en réponse à la septième question posée au Congrès de Lausanne,

la résolution suivante tellement en harmonie avec les

1. Le Temps, 20 janvier 1868. La Patrie du 10 janvier prétend au contraire que le pouvoir en accroissant la tolérance en matière de

presse et de réunion a réalisé toutes les réformes promises.

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