E. Ollivier, L'Empire libéral, 1. 13, p
2, E. Ollivier, eod. loc., t. 15, p. 450-460,
a commencé à se faire: des embryons de libertés politiques, de libertés sociäles ont permis peu à peu l’apprentissage civique des ouvriers. Proudhon lui-même, en 186%, estimait que l'élite des classes ouvrières venait seulement de se montrer digne de jouir de cette capacité politique dont il se faisait une idée si haute. Mais il semble bien que, même au point de vue des intérêts ouvriers, on puisse considérer le principe d’autorité qui a été l’assise du Second Empire, comme ayant été un agent du progrès général. Car si, par des mesures généralement inspirées de l'esprit antilibéral de 1852, l’Empire a souvent abouti à retarder l’émancipation des travailleurs, on peut attribuer en partie à la discipline qu’il s’efforça de leur imposer, la façon dont la France traversa, sans de trop grandes souffrances, cette crise de transformation économique, industrielle et sociale, qui s'étend de 1850 à 1870.
« On est généralement injuste pour les gens qui gouvernent un pays, parce qu’on ne tient pas assez compte des difficultés au milieu desquelles ils sont contraints d’évoluer. Il y a, parmi ces gens, beaucoup plus d’hommes de bien, désintéressés et désirant sincèrement la justice que ne le croient ou veulent le faire croire les partis d’opposition. Mais il est impossible à ces hommes d’aller directement au but pour réaliser ce qu'ils estiment être le bien-être de leur pays. [1 faut nécessairement biaiser pour
tenir compte de tous les intérêts en jeu.
Vu : le Doyen, CAUWES
C'est à juste titre que l’on a dit que la politique était l’art des transactions. Or, à suivre toujours des sentiers détournés on finit par manquer son but, et c’est ce qui explique comment des hommes politiques très honnêtes et bien intentionnés finissent souvent par faire le mal au lieu du
bien (1). »