Ibid., p
velles machines plonge dans la misère la plus profonde (1) », en les employant, par des défrichements, à étendre son domaine.
Une telle association, dans laquelle le nombre des participants peut varier d’un moment à l’autre, doit être nécessairement soumise à une discipline rigoureuse. Qui sera investi de la responsabilité et de la force? Une administration hiérarchique, issue du suffrage de tous les ouvriers et basée sur la création d’un corps de prud'hommes (élus à raison de un pour dix ouvriers et recevant un salaire double). Cette institution s’étendrait jusqu’à l’industrie privée et créerait entre employeurs et employés un échelon intermédiaire.
Aux fonctions des prud'hommes dans l'atelier, se joint celle de répartir les travailleurs tant entre les diverses colonies agricoles qu'entre les établissements de l’industrie privée, si leur nombre dépasse les besoins de l’entreprise. « Les prud'hommes seront les régulateurs de cet échange continuel (de travailleurs entre les villes et les colonies)... Les prud'hommes de l’industrie privée, au fait de tous les besoins de leurs subordonnés, partageront avec les maires des communes le droit d'envoyer aux colonies agricoles ceux qu’ils ne
pourront pas employer. Les prud'hommes des colonies,
1. Jbid., p. 127. Il se plaint aussi souvent du machinisme et propose des solutions radicales : « Il serait de toute justice d'établir en principe que toute invention qui enrichit les uns en privant les autres de travail, doit indemnité à ceux dont elle tue l'industrie, » Ham, 4 dé-
cembre 1843.
pag: Mec au fait de la capacité de chacun, chercheront à placer avantageusement dans l’industrie privée tous ceux dont elle aurait besoin (1). » Dans l'association agricole ces prud'hommes constituent la base de la hiérarchie.
Au-dessus d’eux, des directeurs, élus par les ouvriers et les prud'hommes, seraient chargés d’enseigner l’art de la culture des terres. Un gouverneur (élu lui-même par les directeurs et les prud'hommes), assisté d’un conseil composé pour un tiers de directeurs, les deux autres tiers de prud’hommes (cet ensemble formant l'administration) serait à la tête de la colonie. Les comptes annuels, imprimés, seront présentés annuellement à l’Assemblée générale des travailleurs et soumis au Conseil général du département qui approuvera la gestion ou cassera les administrateurs incapables.
Enfin, pour maintenir une harmonie complète dans le développement des diverses colonies qui composent l’Association générale, les gouverneurs se réuniraient tous les ans à Paris sous la présidence du ministre de l’Intérieur, et discuteraient quel emploi serait fait des bénéfices réalisés.
Car pour chaque colonie les bénéfices seraient énormes, puisqu'ils lui reviendraient intégralement, sans subir la division des revenus de la terre qui se partagent en trois parties, l’une pour nourrir les ouvriers travaillant le sol, l’autre pour le fermier, le troisième pour le propriétaire. « La classe ouvrière aura pour
elle seule ces trois produits... ses bénéfices seront im-