‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 2 sur 132 · Proudhon. La Révolution sociale · texte numérisé non relu

Proudhon. La Révolution sociale

présente pas un parti, n’hérite point d’une propriété ; il représente une situation, il hérite d’une nécessité. » Situation complexe, puisque, malgré la simplicité de la constitution qui plaçait entre les mains du chef de l'État toute puissance et toute initiative, ce pouvoir devait se soumettre aux volontés de ce suffrage universel, auquel avait été demandée la justification de l’acte du 2 décembre. De là les efforts constants du Second Empire pour rester sans cesse l’expression juste du « rapport d'intérêts » des électeurs : intérêts des classes riches qui avaient la puissance et la fortune, intérêts des classes pauvres, constituant, dans un régime de suffrage universel, la majorité du corps électoral. et aspirant à conquérir définitivement, sinon l’exercice de la puissance, du moins quelques-unes de ces améliorations économiques qu'ils avaient eu l'illusion de gagner en février.

Avant d'étudier les actes législatifs du Second Empire, nous devrons donc rechercher les éléments de cette situation, les espoirs des ouvriers, quelles promesses leur avaient été faites et quels avaient été les efforts des divers gouvernements de la Seconde République pour les faire aboutir ou en éluder la réalisation. Nous devrons rappeler aussi quelles avaient été les idées sociales du prince Louis-Napoléon, puisqu'elles contribuèrent à lui acquérir les votes des ouvriers, et que l’on peut attribuer à leur persistance quelquesunes des initiatives et des hésitations de la politique

ouvrière du Second Empire.

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